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Chercheur libre

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Màj : 4 fév. 2020   –   # pages : 3 [?]

Définition

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Un chercheur libre est, selon notre définition, une personne qui consacre un partie de son temps libre à la recherche et développement (R&D), dans des domaines qui la passionnent.

Le concept est dérivé du "logiciel libre" (NB : les développeurs de logiciels libres sont parfois appelés "développeurs libres") et est lié au développement des technologies du web.

Le développement de logiciels est particulièrement bien adapté à la R&D libre car un simple ordinateur suffit dans la plupart des cas. Mais la recherche libre, notamment théorique/fondamentale, peut concerner quasiment tous les domaines scientifiques.

Philosophie

La notion de chercheur libre est l'expression d'une émancipation des mentalités, vers une communauté d'individus libérés des idéologies horizontales "droite/gauche" et verticales "anciens/débutants".

Chacun d'entre nous ne devrait pas hésiter à s'engager librement dans des activités scientifiques et artistiques. Il s'agit également de réaliser qu'il n'existe pas de moment avant lequel on ne pourrait se considérer comme mathématicien ou musicien : on l'est dès le moment où l'on commence cette activité par passion, et que l'on se confronte à la contradiction non pas pour convaincre mais pour apprendre et collaborer. Chaque étape de la vie, et donc de l'apprentissage, comporte ses avantages et inconvénients, ce qui implique que l'on peut s'adresser aussi bien à des anciens qu'à des débutants, mais pour des raisons différentes. C'est aussi par la confrontation constructive entre scientifiques/artistes débutants et plus anciens que fonctionne la dynamique du progrès.

Ce nouveau stade de l'évolution humaine, correspond :

  • à l'extinction sociologique des partis politiques et des leaders ;
  • au partage des pouvoirs politique (démocratie directe) et financier (allocation universelle).

C'est une philosophie de vie (progrès) à la fois personnelle (réflexion) et collective (collaboration).

Avantages

Le premier avantage de la recherche libre est de pouvoir adopter une approche globalisante. La communauté scientifique est quasiment unanime pour reconnaître autant le potentiel de l'interdisciplinarité que ... la difficulté à la réaliser effectivement.

Cette difficulté n'est pas étrangère au second avantage de la recherche libre : à la différence des chercheurs académiques ou d'entreprise, le chercheur libre n'est pas soumis aux pressions professionnelles de nature politique (idéologie) et financière (objectif de maximisation du profit). En particulier l'idéologie de maximisation du nombre d'articles publiés dans les plus grandes revues scientifiques conduit à une spécialisation plus approfondie sur des surfaces de recherche plus réduites (division du travail scientifique).

Enfin la crainte de publier des travaux imparfaits (voire comprenant des erreurs décelables par un grand nombre de collègues) inhibe l'audace nécessaire à la conquête du savoir. Le chercheur libre est beaucoup moins sujet à ce biais car l'enjeu "professionnel" ne se pose pas, ou du moins il le fait en d'autres termes. Ce qui nous conduit à la section suivante.

Inconvénients

N'étant pas contrôlé par un directeur de recherche ni soumis à une évaluation par les pairs de nature contraignante, le chercheur libre doit veiller à être particulièrement critique et prudent par rapport à ses auto-publications. C'est qu'il n'est pas facile de trouver des relecteurs compétents et bénévoles. Recourir à de tels relecteurs de façon systématique est même pratiquement impossible dans le cas de publications en édition continue (cf. section suivante) individuelles telles que allocation-universelle.net et democratiedirecte.net qui font quotidiennement l'objet de multiples ajouts (mais aussi, et cela est fondamental, d'améliorations et d'auto-corrections, aussi bien au niveau du fond que de la forme).

Éditeurs scientifiques. Un chercheur peut proposer un article définitif à un éditeur scientifique, qui le soumettra à son comité de lecture. Cependant il apparaît que les éditeurs en sciences humaines et sociales (parfois qualifiées de "molles" : économie, sociologie, psychologie, histoire, droit, ...) peuvent faire preuve d'une grande légèreté [approfondir], et que même parmi les éditeurs en sciences dites "exactes" (encore qualifiées de "dures" : mathématique, physique, chimie, biologie, informatique, ...) il existe des biais culturels voire idéologiques, comme par l'exemple l'avantage linguistique dont bénéficient les chercheurs anglo-saxons : non seulement la plupart des revues scientifiques sont en anglais, mais en outre de nationalité états-unienne ou britannique.

La nature imparfaite, ou disons plus précisément, les imperfections probablement plus nombreuses et certainement plus facilement décelables des productions de la recherche libre ne la condamnent cependant pas pour autant. Car cette faiblesse apparente n'est que la contrepartie des avantages spécifiques évoqués dans la section précédente.

Enfin, que recherches libre et spécialisée ne sont pas facilement intégrables est une réalité dont il ne faut pas non plus amplifier les inconvénients. L'important est de ne pas focaliser sur l'une ou l'autre. Celles-ci communiquent in fine, mais par la bande. Nous pensons ainsi que le compartimentage de la recherche scientifique est l'expression d'une fonction néguentropique.

Moyens

Le travail du chercheur libre est rendu possible grâce aux technologies de l'information qui permettent, à des coûts très faibles voire nuls :

  • d'accéder à des articles scientifiques [exemple] ;
  • d'accéder à des base de données [exemple] ;
  • de disposer de logiciels scientifiques pour traiter les données [source] :
  • de publier ses travaux sur son propre site web [exemple] ;
  • de collaborer avec d'autres chercheurs via Internet [exemple].

Limitation. En raison d'un manque de ressources financières l'expérimentation par le chercheur libre est généralement limitée à la simulation sur ordinateur.

Publication en édition continue (PEC)

Nous distinguons deux types de PEC :

  • individuelle : c'est le cas évoqué ci-dessus ;
  • collective :
    • wikipedia.org : édition libre, "identification" des éditeurs par adresse IP ou pseudonyme ;
    • webdd.org : éditeurs/auteurs cooptés, authentification des éditeurs/auteurs par eID nationale ou toile de confiance.

Les PEC collectives présentent l'avantage – surtout lorsque les auteurs sont authentifiés (NB : ce qui n'est pas le cas de Wikipédia) – de permettre une évaluation par les pairs sérieuse. Les PEC collectives ont cependant leurs propres inconvénients (lenteur, prise de décision, ...), ce qui fait que les deux types de PEC sont utilement complémentaires.

Formation

Le chercheur libre n'a pas nécessairement de formation autre que celle qu'il a acquise par la pratique de la R&D libre.

Méthodes

À l'instar des chercheurs académiques le chercheur libre applique la méthode scientifique :

  • raisonnement logique ;
  • analyse statistique ;
  • expérimentation (plus difficile dans le cas du chercheur) ;
  • modélisation théorique (ce qui implique la définition non ambiguë des concepts, notamment au moyen du langage mathématique).

Version vidéo (2 min. - 2019)



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