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Recherche libre

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Màj : 16 nov. 2020   –   # pages : 4 [?]

Introduction

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En Europe le deux premières décennies du 21° siècle ont été marquées par une grave régression de la communauté scientifique, qui a perdu quasiment toute forme d'indépendance par rapport aux pouvoirs politique et économique :

  • politique : le principe d'Union européenne a été érigé en dogme ne pouvant être remis en question, ce qui fut illustré notamment par le silence coupable de la quasi totalité de la communauté scientifique lorsque les gouvernements français et hollandais ont foulé aux pieds le rejet du "Traité établissant une constitution pour l'Europe" par les référendums nationaux de 2005 ;
  • économique : en 2020 la quasi totalité de la communauté scientifique n'a pas joué son rôle de rempart de rationalité face au tsunami de terreur médiatique qui a conduit au covidisme, pire : elle y a même largement collaboré !

Il est donc flagrant que la façon dont la société organise la gestion du savoir doit sans tarder être profondément réformée.

Définition

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Un chercheur libre est, selon notre définition, une personne qui consacre un partie de son temps libre à la recherche et développement (R&D), dans des domaines qui la passionnent.

Le concept est dérivé du "logiciel libre" (NB : les développeurs de logiciels libres sont parfois appelés "développeurs libres") et est lié au développement des technologies du web.

Le développement de logiciels est particulièrement bien adapté à la R&D libre car un simple ordinateur suffit dans la plupart des cas. Mais la recherche libre, notamment théorique/fondamentale, peut concerner quasiment tous les domaines scientifiques.

Fondements

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La notion de chercheur libre est l'expression d'une émancipation des mentalités, vers une communauté d'individus se libérant des clivages idéologiques ("gauche / droite", "athée / croyant", ...) et qualitatifs ("jeune / ancien" ; "débutant / expérimenté" ; "généraliste / spécialiste" ; "praticien / théoricien" ; ...). Il ne s'agit évidemment pas de nier l'utilité de ces spécificités, mais de les traiter en complémentarité plutôt qu'en opposition. Ainsi par exemple les jeunes sont moins expérimentés que les anciens mais souvent plus au fait des nouveautés. À l'injonction intériorisée (c-à-d crédulement "faite sienne") de se soumettre au "père" ou à la "mère", est substituée la capacité à s'identifier aux deux adultes ainsi qu'à l'enfant, et d'ajuster les proportions en fonction des circonstances.

Ainsi chacun d'entre nous ne devrait pas hésiter à s'engager librement dans des activités scientifiques et artistiques. Il s'agit également de réaliser qu'il n'existe pas de moment avant lequel on ne pourrait se considérer comme mathématicien ou musicien : on l'est dès le moment où l'on commence cette activité par passion, et que l'on se confronte à la contradiction non pas pour convaincre mais pour apprendre et collaborer. Chaque étape de la vie, et donc de l'apprentissage, comporte ses avantages et inconvénients, ce qui implique que l'on peut s'adresser aussi bien à des anciens qu'à des débutants, à des spécialistes qu'à des généralistes, mais pour des raisons différentes. Cette ouverture d'esprit, appliquée à tous les types de clivages énoncés supra, stimule la dynamique du progrès.

Ce nouveau stade de l'évolution humaine, correspond :

  • à l'extinction sociologique des partis politiques et des leaders ;
  • au partage des pouvoirs politique (démocratie directe) et financier (allocation universelle).

C'est une philosophie de vie (progrès) à la fois personnelle (réflexion) et collective (collaboration).

Le concept de recherche libre est l'un des trois piliers de notre philosophie du savoir :

  1. savoir objectuel (ex. : "je connais Paris") ⇔ sciences humaines et sociales (ou "molles" : psychologie, sociologie, économie, politique, droit, ...) ⇔ parcours de vie ;
  2. savoir-faire : (ex. : "je sais programmer") ⇔ R&D libre (ce document)  ;
  3. savoir propositionnel (ex. : "je sais que la somme des angles d'un triangle vaut 180°") ⇔ sciences "exactes" (ou "dures" : mathématiques, physique, chimie, biologie, ...) ⇔ savoir de base.

Avantages

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L'intérêt fondamental de la recherche libre est l'absence de cadre institutionnel. Il en découle deux avantages comparatifs : la transdisciplinarité et l'indépendance.

Transdisciplinarité

La transdisciplinarité est la spécialisation du chercheur dans la pluridisciplinarité, et ne doit pas être confondue avec l'interdisciplinarité qui est la collaboration de spécialistes dans des thématiques multidisciplinaires.

La communauté scientifique est quasiment unanime pour reconnaître autant le potentiel de l'interdisciplinarité que ... la difficulté à la réaliser effectivement. Le chercheur libre a quant à lui toute ... liberté de s'engager dans la voie, certes audacieuse, de la transdisciplinarité.

Transdisciplinarité et interdisciplinarité – les deux modes de la pluridisciplinarité – sont donc deux approches complémentaires de la démarche scientifique. Malheureusement la première est actuellement peu développée, et d'ailleurs ignorée par le milieu académique.

Indépendance

L'indépendance d'action est un second avantage comparatif de la recherche libre induit par l'absence de cadre institutionnel. À la différence des chercheurs académiques ou d'entreprise, le chercheur libre n'est pas soumis aux pressions professionnelles de nature politique (idéologie) et financière (objectif de maximisation du profit).

On notera le parallèle entre la névrose de maximisation du nombre d'articles publiés dans les plus grandes revues scientifiques et la névrose de maximisation du profit. Or ce type de névrose est directement lié au principe de division du travail, qu'il soit intellectuel ou manuel (spécialisation). Si cette voie névrotique n'est pas neutralisée par des voies complémentaires, la société régresse alors par un effet de clivage.

Inconvénients

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Évidemment, l'absence de cadre institutionnel a aussi ses inconvénients.

N'étant pas contrôlé par un directeur de recherche ni soumis à une évaluation par les pairs de nature contraignante, le chercheur libre doit veiller à être particulièrement critique et prudent par rapport à ses auto-publications. C'est qu'il n'est pas facile de trouver des relecteurs compétents et bénévoles. Recourir à de tels relecteurs de façon systématique est même pratiquement impossible dans le cas de publications en édition continue (cf. section suivante) individuelles telles que allocation-universelle.net et democratiedirecte.net qui font quotidiennement l'objet de multiples ajouts (mais aussi, et cela est fondamental, d'améliorations et d'auto-corrections, aussi bien au niveau du fond que de la forme).

Éditeurs scientifiques. Un chercheur peut proposer un article définitif à un éditeur scientifique, qui le soumettra à son comité de lecture. Cependant il apparaît que les entreprises d'édition scientifique peuvent faire preuve d'une grande légèreté, aussi bien dans le domaine des sciences humaines et sociales (parfois qualifiées de "molles" : économie, sociologie, psychologie, histoire, droit, ...) [cf. "Impostures intellectuelles" de Sokal et Bricmont] que des sciences dites "exactes" (encore qualifiées de "dures" : mathématique, physique, chimie, biologie, ...) [cf. le "LancetGate"]. Il existe également des biais culturels voire idéologiques, comme par l'exemple l'avantage linguistique dont bénéficient les chercheurs anglo-saxons : non seulement la plupart des revues scientifiques sont en anglais, mais en outre de droit états-unien ou britannique.

La problématique des articles charlatanesques ne doit pas être confondue avec celle des articles non consensuels, de plus en plus censurés. L'effet d'évincement par censure idéologique freine le développement scientifique. Le chercheur libre est beaucoup moins sujet à ces biais car il s'auto-publie, et aussi parce que l'enjeu "professionnel" ne se pose pas, ou du moins il le fait en d'autres termes.

La nature imparfaite, ou disons plus précisément, les imperfections probablement plus nombreuses et certainement plus facilement décelables des productions de la recherche libre ne la condamnent pas pour autant. Car cette faiblesse apparente n'est que la contrepartie des avantages spécifiques évoqués dans la section précédente.

Enfin, que recherches libre et spécialisée ne sont pas facilement intégrables est une réalité dont il ne faut pas non plus amplifier les inconvénients. L'important est de ne pas focaliser sur l'une ou l'autre. Celles-ci communiquent in fine, mais par la bande.

Moyens

https://jortay.net/recherche-libre#moyens

Le travail du chercheur libre est rendu possible grâce aux technologies de l'information qui permettent, à des coûts très faibles voire nuls :

  • d'accéder à des articles scientifiques [exemple] ;
  • d'accéder à des base de données [exemple] ;
  • de disposer de logiciels scientifiques pour traiter les données [source] :
  • de publier ses travaux sur son propre site web ;
  • de collaborer avec d'autres chercheurs via Internet.

Limitation. En raison d'un manque de ressources financières l'expérimentation par le chercheur libre est généralement limitée à la simulation sur ordinateur.

Publication en édition continue

https://jortay.net/recherche-libre#PEC

Avant l'invention d'Internet, un intellectuel (scientifique, philosophe, ...) devait publier un nouvel article ou un nouveau livre à chaque fois qu'il mettait à jour ses connaissances (suite au progrès de la science ainsi que de sa connaissance du savoir existant). Avec Internet cela n'est plus nécessaire : scientifiques et philosophes peuvent mettre à jour en temps réel (et cela sur leur propre site web) des publications dont le nombre pourra demeurer relativement constant mais dont le contenu quantitatif et qualitatif augmentera continuellement au fur et à mesure des mises à jours.

Avant Internet une mise à jour annuelle pouvait être opérée dans les universités par la republication des syllabus de la nouvelle année académique. Cependant de nombreux professeurs ne procédaient pas à des remises à jour annuelles, certains ne le faisant que très épisodiquement, sans que cela soit visible par quiconque (sauf peut-être par les doubleurs et l'imprimeur). Avec le principe de PEC cela n'est heureusement plus possible ... sauf que de certains professeurs rechignent encore à l'appliquer et continuent de ne publier que des syllabus "papier".

Nous distinguons deux types de PEC :

  • individuelle : c'est le cas de mes publications, toutes accessibles depuis la barre noire au sommet de cette page ;
  • collective :
    • édition libre, "identification" des éditeurs par adresse IP ou pseudonyme (exemple : wikipedia.org) ;
    • éditeurs/auteurs cooptés, authentification des éditeurs/auteurs par eID nationale ou toile de confiance.

Les PEC collectives présentent l'avantage – surtout lorsque les auteurs sont authentifiés (NB : ce qui n'est pas le cas de Wikipédia) – de permettre une évaluation par les pairs sérieuse. Les PEC collectives ont cependant leurs propres inconvénients (lenteur, prise de décision, ...), ce qui fait que les deux types de PEC sont utilement complémentaires.

Enfin j'ai développé ma propre technologie (en JavaScript et PHP) de numérotation adaptative des sommaires, sections et références intra-documentaires. Sans cette technologie l'édition continue serait un travail fastidieux devenant même ingérable au-delà d'une certaine taille de document.

Formation

https://jortay.net/recherche-libre#formation

Le chercheur libre n'a pas nécessairement de formation autre que celle qu'il a acquise par la pratique de la R&D libre. L'approche libre correspond à une conception continue et parallèle de la formation et de la R&D. L'une et l'autre sont intrinsèquement liées dans une évolution sans étapes (diplômes, publications, récompenses, ...), que l'on peut résumer par "plus qu'hier et moins que demain" aussi bien au niveau quantitatif que qualitatif.

Une "parfaite culture scientifique générale" – c-à-d concrètement la capacité à réussir l'examen d'entrée des écoles polytechnique et de médecine constitue – le socle de base nécessaire à la recherche (libre ou pas). Le document "Savoir de base", vous permettra de tester vos connaissances et si nécessaire de les améliorer.

Méthodes

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À l'instar des chercheurs académiques le chercheur libre applique la méthode scientifique :

  • raisonnement logique ;
  • analyse statistique ;
  • expérimentation (plus difficile dans le cas du chercheur) ;
  • modélisation théorique (ce qui implique la définition non ambiguë des concepts, notamment au moyen du langage mathématique).

Version vidéo (2 min. - 2019)

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