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Invasion de l'Ukraine : analyse

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Màj : 16 oct. 2022   –   # pages : 10 [?]

Introduction

https://jortay.net/blog/invasion-ukraine-par-russie#intro

La presse occidentale ainsi que les "ONG humanitaires" atlantistes propagent très activement la propagande états-unienne attribuant tous les torts à la Russie, qui est certes intervenue sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, comme elle l'avait déjà fait en 2014 avec la Crimée (russophone), ... et comme l'avait fait l'OTAN en 1999 au Kosovo (mais dans ce cas, avec l'approbation des "ONG humanitaires" et de la presse occidentale...).

Un texte majeur du droit international en matière de conflits entre États est le chapitre VII de la Charte des Nations Unies : "Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression" [source, svg].

À priori le gouvernement ukrainien aurait donc dans ce conflit le droit de son côté, contrairement à la Russie, tandis que l'OTAN serait le "chevalier blanc". Cependant, une analyse détaillée (et documentée) de la situation révèle une image nettement moins binaire...

OTAN : pompier pyromane

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Drapeaux de l'OTAN et de l'Ukraine.

Par ses interventions en Ukraine l'OTAN n'a certainement pas favorisé le respect du traité de Minsk (2015) par ses parties signataires que sont d'une part le gouvernement ukrainien, et d'autre part les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk (pro-russes). Ce traité avait pour objet de mettre fin à la guerre en Ukraine orientale.

Voici des faits documentés montrant que depuis la chute de l'URSS en 1991, le gouvernement US n'a eu cesse d'étendre l'OTAN vers la Russie :

  • en 1997, L'OTAN concluait une charte de partenariat avec l'Ukraine [source] ;
  • en 2013, Victoria Nuland, secrétaire d’Etat américaine adjointe chargée de l’Europe et de l’Asie (sic...), déclarait que depuis l'indépendance de 1991, les USA avaient dépensé cinq milliards de dollars pour amener l'Ukraine à « réaliser ses aspirations européennes » [source] ; et l'ingérence du gouvernement US dans les affaires intérieures de l'Ukraine fut confirmé en 2014 par l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre Nuland et l'ambassadeur US en Ukraine, discutant de qui devrait être ou pas dans le futur gouvernement qui sortira du coup d'État atlantiste en cours (que les médias et gouvernants atlantistes ont plutôt appelé "révolution Euromaïdan") [source] ;

  • en 2017 on constatait que l'Ukraine reçoit 60 millions de dollars d’aide militaire par an en plus de l’assistance fournie par l’OTAN. Des conseillers américains, britanniques et canadiens sont présents sur le territoire pour assurer la formation des troupes et développer une coopération défense [source].

Ces faits s'inscrivent dans une stratégie manifeste d'expansion impérialiste vers l'Est, comme en témoigne la chronologie des adhésions d'anciens pays membre du bloc soviétique à l'OTAN [source] :

  • 1999 : Hongrie, Pologne République tchèque ;
  • 2004 : Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie ;
  • 2009 : Albanie, Croatie ;
  • 2017 : Monténégro ;
  • 2020 : République de Macédoine du Nord.

On pourra bien sûr arguer qu'il était du droit de ces pays supposés souverains de demander l'adhésion à l'OTAN. Cependant cet argument est peu pertinent, pour deux raisons :

  • le fait que la "révolution Euromaïdan" ressemble fortement à un coup d'État fomenté par Washington (cf. supra l'enregistrement de la conversation entre Nuland et l'ambassadeur US), suggère que l'ingérence soviétique dans les gouvernements des ex-pays de l'URSS a tout simplement été remplacée par l'ingérence US ;

  • même en faisant abstraction du point ci-dessus, il demeure que l'OTAN, c-à-d in fine le gouvernement US, avait la possibilité de refuser ces adhésions, ce qui se justifie non seulement par la disparition de l'URSS, raison de la création de l'OTAN, mais aussi, et peut-être surtout, par la nécessité de ne pas jeter de l'huile sur le feu.

Voici d'autre part deux faits montrant que le gouvernement US considère comme illégaux des actes qu'il juge légitimes lorsque c'est lui qui les exerce sur autrui :

  • en avril 2022 Washington a menacé le gouvernement des îles Salomon d'une intervention militaire US s'il persistait dans sa décision d'autoriser la Chine à y installer une base militaire [source] ;

  • 1962, crise des missiles de Cuba : après que l'armée soviétique eut installé des missiles nucléaires à Cuba, le gouvernement US avait considéré cela comme un casus belli, et menacé l'URSS. Des négociations ont alors eu lieu, à l'instar de ce qu'a tenté la Russie avec les USA depuis 2014. La différence est ici qu'en 1962 l'URSS avait accepté de reculer [source].

Ainsi, contrairement à ce que nous inculque l'incessante propagande médiatique occidentale, l'OTAN n'est pas du tout une organisation respectueuse du droit international et propageant la paix et la démocratie. Cette crue réalité est illustrée notamment par le bombardement du Kosovo pendant deux mois en 1999 (NB : sans mandat de l'ONU), ou encore la destruction de la Jamaharya libyenne en 2011, qui était alors premier pays africain selon l'indice de développement humain des Nations-unies.

Selon Gabriel Robin, ambassadeur et représentant permanent de la France auprès de l’OTAN et du Conseil de l’Atlantique nord de 1987 à 1993 : « L’OTAN pollue le paysage international dans toutes les dimensions. (...). Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’OTAN ne se conforme pas au droit international. Le non-recours à la force est impossible à l’OTAN car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations unies. Par conséquent, je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’OTAN, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse » [source, 2009].

Les propos du diplomate ont été maladroitement illustrés en 2017 par un déclaration du président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'occasion de la venue à Bruxelles du président US Donald Trump, pour une réunion de l'OTAN : « J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que l'alliance euro-atlantique signifie que le monde libre (sic !) coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental (sic !) » [source]. Nul doute que le reste de l'humanité (soit plus de 80% de la population mondiale) aura interprété comme il se doit cet imbécile discours suprémaciste et impérialiste.

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Trump et Putin se saluent lors du sommet Russie-USA 2018 à Helsinki (Finlande).

Ainsi le président du Conseil européen se montrait "plus catholique que le pape". Donald Trump avait en effet exprimé ses doutes concernant l'utilité de l'OTAN pour les USA [source]. Or les faits exposés supra suggèrent que si Trump avait mis fin à l'OTAN, ce changement disruptif de la politique étrangère US aurait permis d'éviter la guerre en Ukraine (et dans bien d'autres pays, comme l'illustre l'histoire de l'OTAN).

Cette position anti-impérialiste de Trump lui valut la haine de l'appareil d'État US (également appelé, selon les auteurs, "lobby militaro-industriel", "État profond" ou encore "classe dirigeante") [source]. Cette haine provoqua des soupçons de fraude électorale à l'issue de l'élection présidentielle de 2020, marquée par la victoire du sénile candidat démocrate Biden au détriment du président républicain.

L'Ukraine et le séparatisme

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Après que l'opposition au régime atlantiste se soit étendue aux régions industrielles de l'est de l'Ukraine, à Donetsk et Lougansk – régions à majorité russophone du Donbass, frontalières de la Russie – le gouvernement ukrainien annonce en avril 2014 le lancement d'une "opération antiterroriste" pour déloger les rebelles de leurs bastions de Donetsk et de Lougansk, en faisant appel à des milices, mieux équipées et motivées que les troupes gouvernementales [source].

Se pose évidemment la question de savoir qui finance et forme ces milices supplétives non gouvernementales. D'autre part on notera une flagrante contradiction dans le chef du gouvernement ukrainien : l'Ukraine a fait sécession de l'URSS en 1991, mais ne reconnaît pas ce même droit à ses régions russophones souhaitant leur indépendance ou intégration à la Russie...

À souligner cependant : cette intransigeance par rapport au séparatisme est une caractéristique de la quasi totalité des pays de la planète. N'est-elle pas le signe de la réalité politique et économique de classes dirigeantes nationales, considérant les populations nationales comme leur propriété ? Nous approfondirons cette question dans la dernière section du présent article.

Ukraine : État voyou ?

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 .1. Influences fascistes
 .2. État Mafieux ?

Influences fascistes

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Les milices supplétives du régime atlantiste de Kiev évoquées dans la section précédente sont des groupes néo-nazis, héritiers historiques des milices nationalistes et anti-communistes ukrainiennes qui ont collaboré avec l'occupant nazi durant la seconde guerre mondiale [source]. Ces groupes paramilitaires exercent une influence politique considérable sur le gouvernement ukrainien. En 2020 le nombre de paramilitaires était évalué à 102.000 - source).

"Babi Yar" (1m44s - Festival de Cannes 2021 )

Les 29 et 30 septembre 1941, le Sonderkommando 4a du Einsatzgruppe C, avec l’aide de deux bataillons d'un Régiment de Police et de la Police auxiliaire ukrainienne, a abattu 33.771 Juifs dans le ravin de Babi Yar, situé au nord-ouest de Kiev.

Bataillon
Azov

Le bataillon Azov (drapeau du milieu) est un bataillon d’élite de volontaires combattant les séparatistes russophones du Donbas ukrénien. Ce bataillon spécial du ministère de l’Intérieur, et dont des membres se réclament ouvertement du nazisme [source], est lié à des organisateurs des manifestations de l'Euromaïdan en faveur de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne (2013 à 2014). Il serait financé notamment par Ihor Kolomoïski, de double nationalité israélienne, qui après le putsch de février 2014 fut nommé gouverneur de la riche région de Dniepropietrovsk. En 2015 le président Porochenko le contraignit à démissionner [source].

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Drapeau du bataillon Azov (milieu), entourés des drapeaux nazi et de l'OTAN. NB : photo non authentifiée (ne peut être vue que comme illustration des faits documentés, et non comme document probant en soi).

Secteur
droit
Secteur droit ("Pravyï sektor") est un groupe paramilitaire et parti politique nationaliste d'extrême droite, connu pour avoir parmi ses militants des personnes arborant des symboles nazis [source]. Secteur droit fut fondé en 2013 par Dmytro Iaroch, élu député entre 2014 et 2019, et commandant de l'Armée des volontaires ukrainiens durant l'invasion russe de 2022.

Voici un témoignage concernant les exactions des militants de Secteur droit pour réprimer des manifestations en faveur de la fédéralisation de l'État ukrainien (2014) :

« Mais que peut-il se passer à Odessa pour que la présence, le témoignage d’étrangers soient redoutés?

Le 2 mai 2014 un rassemblement pacifique se tenait sur la place des champs Kulikovo, à Odessa, afin de récolter des signatures pour obtenir un référendum sur une organisation fédérale de l’Ukraine. C’est alors qu’une expédition terroriste de groupes de neo nazis de Pravy-sektor les ont agressés violemment, provoquant de nombreux morts parmi ces habitants d’Odessa. D’autres, pour échapper aux nervis neonazis se sont réfugiés dans la maison des syndicats qui a été encerclée, puis incendiée. Au moins 42 victimes supplémentaires ont péri par le feu ou en se défenestrant et ont été achevées par les assaillants.

En janvier 2015 une délégation des mères d’Odessa est venue en diverses villes de France pour informer en personne. Le 29 janvier elle était à Nice à l’invitation du Comité pour une Nouvelle Résistance. C’est lors de cette occasion que nous avons fait connaissance des membres de cette délégation.

Le 2 mai 2016 était le deuxième anniversaire de cet épisode dramatique auquel sont invités par ces amis ukrainiens : Serge, ancien résistant et Sylvie, sa fille, Claude et Mireille Roddier, fille et petite fille de Gleb Sivirine, commandant du célèbre maquis Vallier, maquis gaulliste qui a opéré dans le Var jusqu’aux combats de la libération. Gleb Sivirine étant né lui même à Odessa, elles profitaient de ce voyage pour retrouver le berceau de leurs origines familiales.

Des informations alarmantes nous avaient dans un premier temps convaincus de renoncer à notre participation à ces commémorations : Saakashvili et Poroshenko auraient mobilisé 1000 tueurs du bataillon Azov pour « maintenir l’ordre ». Pour éviter tout prétexte à de nouvelles violences, les familles des victimes du massacre du 2 mail ont décidé de remplacer les commémorations publiques qui étaient prévues par des repas privés dans les familles. Seul étaient maintenu et autorisé par la mairie d’Odessa un moment de recueillement au cimetière devant les tombes des victimes.

Nos amis d’Odessa tenaient beaucoup à la présence de témoins étrangers et ont maintenu leur invitation. C’est donc à ces moments de recueillement privés que nous étions conviés.

Il semble donc que la présence, le témoignage d’étrangers soient redoutés puisque, visiblement attendus, nous avons été retenus à la frontière, et qu’après un interrogatoire de plus de 2 heures, nous avons été interdits de pénétrer sur le territoire ukrainien, et placés sous surveillance militaire dans l’aéroport d’Odessa. Nous avons dû passer la nuit dans des conditions très rudimentaires, allongés sur des banquettes en fer avec deux oreillers et deux couvertures pour quatre. Toujours « accompagnés » , confinés pendant les 3heures ½ de la correspondance d’Istanbul, nous avons été reconduits jusqu’à Nice – notre point de départ. Nos passeports nous ont été confisqués, remis directement dans les mains de la compagnie aérienne chargée de nous rapatrier. Ce n’est qu’arrivés à Nice que nous avons pu les récupérer des mains de la police française. Interrogés, escortés donc et privés de liberté pendant 21 heures.

Nous avons donc été empêchés de nous recueillir sur les tombes des victimes de la tuerie du 2 mai 2014, empêchés d’apporter le soutien de Français et de partager avec nos hôtes, famille des victimes, un repas en privé.

Et dire que de tels comportements sont orchestrés par les autorités ukrainiennes qui bénéficient du soutien actif de l’Union européenne avec en première ligne la complicité de notre propre gouvernement et dans le silence assourdissant de la majorité de nos médias. »

[Auteurs : Serge Lesou, Sylvie Pillé, Mireille et Claude Roddier – source].

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Nazisme
atlantiste

Le 18 novembre 2020, la 3ème Commission de l'Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution sur la « Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée » [svg]. Tous les membres de l'ONU ont voté "pour", sauf les États-Unis et l'Ukraine, qui ont voté "contre", tandis que les membres de l'OTAN et de l’Union européenne se sont abstenus ... [source, svg].

Interprétation de ces faits :

  • Où se situe ce que la presse des pays atlantistes appelle « la communauté internationale » ? Du côté des pays atlantistes, soit 12 % de la population mondiale, où du côté des 88 % de la population mondiale, qui refuse de tolérer les néonazis et encore moins de collaborer avec eux ?
  • On notera que l'OTAN, expression de l'impérialisme US, instrumentalise les nazis en Ukraine comme elle l'a fait avec des islamistes radicaux dans d'autres pays (Syrie, Libye, etc). Dans les deux cas, ces groupes sont utilisés pour terroriser la résistance à l'impérialisme US.

État Mafieux ?

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Zelensky et Kolomoïsky, lors d'une réunion dans le bureau présidentiel en 2019 [source].

Selon certains observateurs, l'Ukraine serait en réalité sous le contrôle d'un escroc, de double nationalité ukrainienne et israélienne : l'oligarque Ihor Kolomoisky – qui est accusé d'avoir détourné plus de cinq milliards de dollars à l'État Ukrainien, et de financer des milices armées à fort relent néonazi (cf. infra) – serait le véritable chef de l'Ukraine [source].

Le président Volodymyr Zelensky, un ancien humoriste de télévision, n'assumerait qu'une fonction de prête-nom pour Kolomoisky ... qui l'a aidé financièrement et médiatiquement à remporter les élections présidentielles de 2019. Ainsi en 2019 le magazine ukrainien Focus, classait Kolomoisky à la troisième place des personnes les plus influentes du pays [source].

Début 2021 l'administration Biden a "pris ses distances" avec Kolomoisky en le sanctionnant d'une ... interdiction d'entrer sur le territoire US [source].

Le caractère insignifiant de cette "sanction" est un comportement très fréquent de la part du gouvernement US, qui n'est pas sans rappeler ses relations plus qu'ambiguë avec le terrorisme "islamiste" (cf. Afghanistan dans les années 1980, et Syrie durant les années 2010).

Fin 2021 le journal britannique The Guardian révèle que Zelenskiy aurait, via un intermédiaire, des intérêts dans des sociétés offshore (dont la fonction est généralement la fraude fiscale et le blanchiment des revenus d'activités illégales) [source]. Ces faits, s'ils étaient confirmés, démontreraient la personnalité double de Zelenskiy, qui a fondé sa campagne électorale notamment sur la lutte contre la ... fraude fiscale.

Agression ... ou intervention russe ?

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Source : OSCE.

L'invasion russe, déclenchée le 24 février 2022, faisait suite à la publication de statistiques hebdomadaires publiées par l'OSCE, montrant que depuis au moins un mois le nombre d'actes de guerre dans l'Est de l'Ukraine connaissait une croissance exponentielle [source].

On ne s'étonnera donc pas du rapport publié par Amnesty International en août 2022, montrant que les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile [source].

Ces faits apportent de l'eau au moulin de la thèse selon laquelle l'armée russe serait intervenue notamment afin de prévenir des massacres de populations russophones (et à forte proportion de doubles nationaux).

Toile de fond politique, on notera que les premières manifestations pro-russes en Ukraine ont commencé avec la décision du parlement ukrainien, le 23 février 2014, d’interdire le statut de la langue russe comme langue régionale [source1, source2]. Rappelons à cet égard que la thèse selon laquelle la "révolution Euromaïdan" (21 nov. 2013 à 22 févr. 2014) serait en réalité un coup d'État fomenté par Washington est illustrée par l'enregistrement de la conversation entre la secrétaire d’Etat américaine adjointe chargée de l’Europe et de l’Asie (sic...) et l'ambassadeur US en Ukraine (cf. supra).

Toile de fond historique. Selon le gouvernement russe, de nombreux documents d'archives de la seconde guerre mondiale décrivant les atrocités commises par les nazis allemands contre les citoyens soviétiques indiquent l'implication des nationalistes ukrainiens dans ces crimes [source].

Stratégie atlantiste ? Les faits évoqués depuis le début du présent document conduisent naturellement à la question suivante : l'OTAN a-t-elle encouragé les agressions des milices néonazies sur les populations pro-russes et russophones des régions à l'est de l'Ukraine, afin de forcer l'intervention russe ? On notera à cet égard l'absence d'intervention des forces atlantistes dans le conflit, de nature très similaire, opposant au même moment l'Arménie et l'Azerbaïdjan [source]. Une explication à ce "deux poids deux mesures" : la Russie n'intervient pas dans ce conflit. Voilà qui confirme évidemment la thèse selon laquelle l'intervention atlantiste en faveur de l'Ukraine ne vise aucunement à protéger celle-ci, mais à nuire à la Russie.

Classes dirigeantes et géopolitique

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Bien sûr, les faits que nous venons de rappeler ne font pas pour autant de la Russie un modèle de démocratie. Si on analyse les faits objectivement, on doit logiquement en conclure que les dirigeants russes et atlantistes sont des alliés objectifs, puisqu'ils se sont réciproquement donnés les moyens de réaliser leurs objectifs respectifs :

  • en renforçant sa présence à l'Est, le gouvernement US a provoqué l'intervention russe en Crimée puis en Ukraine ;
  • en annexant ces anciennes régions de l'URSS, la Russie stimule le renforcement de l'OTAN en Europe de l'Est.

Les classes dirigeantes peuvent ainsi s'entendre plus ou moins tacitement sur le dos des populations (on notera à cet égard la fascination de la quasi totalité des gouvernements de la planète pour le climato-epidémisme...).

La géopolitique est un phénomène complexe, où les contradictions (apparentes ?) ne sont pas rares, notamment parce que :

  • ces mêmes classes dirigeantes nationales peuvent tenter de faire ou défaire des alliances entre elles, par exemple pour assurer au mieux leur sécurité énergétique (cf. le rapprochement d'une partie des élites allemandes avec l'URSS) ;
  • tout empire utilise son pouvoir d'influence pour contraindre ses "alliés" à acheter ses productions, notamment énergétiques [exemple1, exemple2, exemple3].

Notons enfin un point important en matière de droit international : le fait qu'une intervention soit mandatée par l'ONU n'est pas en soi un gage de pertinence, bien au contraire, puisque l'ONU n'est qu'une arène politico-médiatiques dans laquelle s'affrontent les classes dirigeantes des principales puissance mondiales. C'est pourquoi les populations feraient bien de s'organiser pour remplacer l'ONU par la Konfédération, et ainsi instaurer de véritables démocraties, à l'Est comme à l'Ouest.

Article complémentaire : De l'URSS à Poutine

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