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Libre travailleur

Indicateurs mondiaux

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Màj : 12 fév. 2024   –   # pages : 21

Préambule

https://jortay.net/indicateurs-monde#preambule
world-indicators.jpeg

Statistiques
vs information

Vous allez vous rendre compte, en observant les graphiques de ce document, de la distance qui peut exister entre les données statistiques et leur interprétation par les médias d'information. Ceux-ci peuvent ainsi verser dans le catastrophisme, ou au contraire masquer l'acuité d'une situation. Une thèse explicative est que la "réalité" médiatique refléterait les intérêts des classes dirigeantes nationales.

Les analyses consistent en de cours commentaires de graphes. Parfois certaines notions sont approfondies en encadré.

Mondialisation

https://jortay.net/indicateurs-monde#mondialisation

La mondialisation, mesurée par les échanges de biens & services, s'est accélérée depuis la moitié des années 1980. Cependant, durant les années 2000, elle fut freinée par les attentats de septembres 2001, puis par la crise financière des subprimes initiée en 2008. Depuis 2012, la croissance des flux de réfugiés s'est substituée à celle des échanges de biens & services.

Investissement étrangers directs (% du PIB) et populations réfugiées (Mio.) (1980-2022)

monde-mondialisation.gif

Flux entrants nets (flux nets d’investissement moins les désinvestissements) des investisseurs étrangers.
Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Parmi les possibles causes de l'explosion des flux de réfugiés depuis 2013, il y a notamment le réchauffement climatique, l'écart des niveaux de vie entre régions du monde, des conflits armés, ou encore la volonté des classes dirigeantes des pays riches de neutraliser le vieillissement de leur population. D'autre part, le nombre de cinq millions est encore relativement faible (0,06 % de la population mondiale).

PIB par habitant

https://jortay.net/indicateurs-monde#PIB

Le graphique suivante montre l'évolution du niveau de vie mondial, mesuré par le PIB/hab, et exprimé :

  • en valeur absolue (bleu) ;
  • en % de croissance annuelle (rouge).

Il apparaît que les crises du covidisme (2020) et des subprimes (2009) ont causé les plus graves récessions économiques depuis la seconde guerre mondiale. Cependant la tendance à long terme du PIB/hab est clairement croissante. Ainsi sur la période 1960-2022 (62 ans), le niveau de vie mondial a cru à un taux annuel moyen de 1,8 %, ce qui correspond à un doublement du niveau de vie après quarante années.

PIB/hab (1960-2022)

monde-pib.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Ce graphique illustre deux autre faits, souvent incompris voire ignorés :

  • la croissance du PIB/hab exprimée en % est beaucoup plus volatile que la croissance exprimée en valeur absolue ;
  • alors que la tendance du taux est décroissante, celle de la valeur absolue est ... croissante !

C'est en raison de ces deux propriétés que le taux de croissance est préféré par les journalistes : la première propriété est source de sensationnalisme, et la seconde de catastrophisme.

En fait, le taux de croissance du PIB/hab (ligne rouge fine) peut même tendre à l'infini vers zéro – sans baisse tendancielle de la croissance du PIB/hab en valeur absolue (ligne bleue) – dès lors que le taux de croissance s'applique à un montant de plus en plus élevé.

Pour que la valeur absolue de diminue pas, il suffit que le taux (gt) ne descende pas en dessous d'une certaine valeur, fonction de gt-1 (le calcul de cette valeur est développé dans l'encadré infra).

Voici un exemple chiffré. Supposons que le PIB/hab était de 100 en période 1, puis 105 en période 2 et enfin 110 en période 3, soit une croissance constante en valeur absolue, de 5 entre chaque période. Dans ce cas, le taux de croissance est de 5 / 100 = 5% entre 1 et 2, puis de 5 / 105 = 4.8% entre 2 et 3. Il y a donc certes diminution du taux de croissance, cependant le volume produit n'a pas diminué !

AnnéePIBΔabs.Δ%
1100
210555 %
311054,8 %

Autre exemple, cette fois de croissance non discrète, c-à-d concernant deux dates non contiguës. Supposons que début 1950 le PIB était de 1000 unités, et le taux de croissance de 5% cette année là. Donc 0,05 x 1.000 = 50 furent produites en plus que l'année précédente. Supposons maintenant que début 2000 le PIB était de 5.000 unités mais le taux de croissance de seulement 2% cette année là. Donc 0,02 x 5.000 = 100 furent produites en plus que l'année précédente, soit deux fois plus qu'en 1950, et cela malgré que le taux de croissance a été divisé par 5/2=2,5 !

1950
1.000 * 0.05 = 50
2000
5.000 * 0.02 = 100

Interprétons maintenant ces faits au regard de deux notions économiques importantes : l'écart de richesse moyen et le développement durable.

Écart de richesse. Dès lors que le PIB/hab, en tant que valeur moyenne, indique la part des richesses produites qui serait allouée à chacun si celles-ci était également partagées entre tous les citoyens, alors le graphique suivant suggère ce questionnement : l'explosion du PIB/hab depuis la révolution industrielle a-t-elle été accompagnée d'une réduction proportionnelle de l'écart de richesse moyen ... ?

PIB mondial par habitant

Taux de croissance du PIB mondial par habitant

Source

Développement durable. Selon la théorie économique néolibérale, une redistribution excessives des richesses par la fiscalité réduit la croissance. Dans une optique écologiste de stagnation durable, on pourrait alors augmenter le taux fiscal (recettes/PIB) jusqu'à un niveau tel que gt s'approche de 0. Mais une fois ce niveau atteint, les recettes fiscales seraient nulles (puisque leur base est le PIB), ce qui n'est évidemment pas souhaitable pour l'État. C'est là qu'intervient le taux fiscal universel T(Yb) = 1 - ( 1 + Yb / (PIB/hab) ) - 1 (où Yb est le revenu brut), qui correspond au taux de redistribution moyen maximal, qui – en parfaite application du principe de symétrie – vaut 50 % (cf. allocation-universelle.net/financement-redistributif#TFU-menages) ...

Calcul du taux de croissance annuel du niveau de vie tel que celui-ci augmente du même montant en valeur absolue chaque année

Soit yt le PIB/hab de l'année t, on peut calculer la valeur minimale en dessous de laquelle son taux de croissant gt = ( yt - yt-1 ) / yt-1 ne doit pas descendre, afin que l'augmentation du PIB/hab en valeur absolue ne soit pas inférieure à celle de l'année précédente :

Soit le maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue :
yt - yt-1 = yt-1 - yt-2   ⇔
( yt - yt-1 ) / yt-1 = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-1   ⇒
gt = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-1   ⇔
gt = 1 - yt-2 / yt-1
or :
gt-1 = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-2   ⇔
gt-1 = yt-1 / yt-2 -1   ⇔
yt-2 / yt-1 = 1 / ( gt-1 + 1 )
que l'on substitue dans l'inégalité précédant le "or"   ⇒
gt = 1 - 1 / ( gt-1 + 1 )   ⇔
gt = gt-1 / ( gt-1 + 1 )
or
gt-1 / ( gt-1 + 1 ) < gt-1     (surtout si gt-1 est petit)
de sorte que
gt < gt-1
c-à-d une baisse du taux de croissance du niveau de vie, qui est donc bien compatible avec le maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue, tant que gt ≥ gt-1 / ( gt-1 + 1 ) !
CQFD
Ainsi par exemple si
gt-1 = 2 %
alors la condition de stabilité de croissance en VA est vérifiée si
gt = 0,02 / ( 0,02 + 1 ) = 1,96 %
gt+1 = 0,0196 / ( 0,0196 + 1 ) = 1,92 %
etc.

Le graphique suivant montre que "maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue" signifie une croissance linéaire. Il compare ainsi l'évolution exponentielle (bleu) – dont le taux de croissance annuel de 3,5 % correspond à un doublement en 20 ans – avec l'évolution linéaire (vert), pour laquelle le taux de croissance passe de 3,5 à 2,1 % sur la même période.

Croissance avec taux constant vs VA constante

taux-croissance.gif

La courbe orange représente le taux de croissance de la courbe verte.
Tableur taux-croissance.ods

Le lecteur pourra vérifier dans le tableur que la droite verte est le graphe de la fonction de récurrence Yt = Yt-1 * ( 1 + gt )gt = ( gt-1 / ( gt-1 + 1 ) est tel que :
yt - yt-1 = yt-1 * gt = Δ = y0 * g1   ⇒
y1 = y0 + y0 * g1
y1 = y0 + Δ
y2 = y1 + y1 * g2
y2 = y0 + 2 * Δ
...
yt = y0 + t * Δ   ⇒
yt = y0 + t * y0 * g1   ⇔
yt = y0 * ( 1 + t * g1 )   ⇔
... dont la lectrice pourra également vérifier dans le tableur qu'il s'agit de l'équation de la droite verte, cette fois sous forme polynomiale plutôt qu'en récurrence.

Enfin, on comparera utilement l'équation de croissance linéaire (droite verte) à celle de croissance exponentielle (courbe bleue), que l'on obtient par le même type de processus itératif :
soit gt = g   ⇒
y1 = y0 * ( 1 + g )
y2 = y1 * ( 1 + g )
y2 = y0 * ( 1 + g )2
yt = y0 * ( 1 + g )t

Comparez la place du t:

  • yt = y0 * ( 1 + t * g1 ) : en facteur ⇒ croissance linéaire 
  • yt = y0 * ( 1 + g )t : en exposant ⇒ croissance exponentielle.

Notez que l'on peut avoir une croissance "exponentiellement exponentielle", lorsque le taux de croissance est lui même croissant :
yt = y0 * ( 1 + g1 ) * ( 1 + g2 ) * ... * ( 1 + gt )
où le g de
yt = y0 * ( 1 + g )t     ⇔
g = ( yt / y0 )1/t - 1
est le taux de croissance moyen (à ne pas confondre avec le taux de croissance totale gT = ( yt - y0 ) / y0).

On peut montrer que, pour g petit :
yt = y0 * ( 1 + g )t ≈ y0 * et*g
cf. allocation-universelle.net/financement-distributif#taux-intrinseque-theorie

Chômage et inflation

https://jortay.net/indicateurs-monde#chomage-inflation

La différence de signe entre les pentes des droites de tendance linéaire de l'inflation et du chômage suggère que, sur le long terme, un niveau élevé de chômage tempère les revendications salariales, et partant l'inflation par le coût du travail.

Chômage et inflation (1991-2022)

monde-chomage-inflation.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Cependant, l'inflation est probablement un phénomène multifactoriel (ce qui permet d'expliquer les variations à court terme). On peut ainsi distinguer quatre possibles causes d'inflation : (i) par déséquilibre offre/demande, (ii) par les coûts de production, (iii) importée, (iv) par déficit de concurrence.

Sécurité

https://jortay.net/indicateurs-monde#securite

Les homicides (courbe rouge), et les déplacements de population pour éviter les effets d'un conflit armé (courbe verte) sont dans une tendance baissière. Sur la période 2008-2020, les taux de croissance annuelle de la tendance linéaire sont respectivement de -1 % et -0,8 %. Soulignons néanmoins que, chaque année, 15 à 35 millions de personnes (soit une moyenne de 0,03 % de la population mondiale) sont contraintes de se déplacer à l'intérieur de leur pays.

Homicides et déplacement internes (2000-2022)

monde-securite.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Droits des femmes

https://jortay.net/indicateurs-monde#droits-des-femmes

L'augmentation du pourcentage de femmes parlementaires est continue mais seulement linéaire, de sorte que ce pourcentage était encore inférieur à 30 % en 2022, alors que les femmes représentent environ 50 % de la population mondiale [source].

Proportion de femmes dans les parlements nationaux (2000-2021)

monde-femmes-parlement.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Accès aux ressources

https://jortay.net/indicateurs-monde#acces-ressources

L'énergie et l'information sont les ressources les plus fondamentales. En 2021, plus de 90 % de la population mondiale a accès à l'électricité, mais plus du tiers n'a pas encore accès à Internet.

Accès aux ressources, % pop. (1995-2021)

monde-acces-ressources.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Santé

https://jortay.net/indicateurs-monde#sante

En 2020 et 2021, le covidisme a réduit l'espérance de vie comme jamais depuis la seconde guerre mondiale

Espérance de vie (1965-2021)

monde-sante.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

D'autre part, l'espérance de vie en bonne santé est nettement inférieure. Ainsi en France, elle est inférieure de 18 ans chez les femmes (85-18=67), et de 13 ans chez les hommes (79-13=65) [source].

En matière sanitaire, les progrès sont substantiels. Cependant, ils sont insuffisants : en 2020, 45% de la population mondiale n'a toujours pas accès à des installations sanitaires.

Le graphique suivant suggère que la santé psychique des individus progresse également. Sur la période 2000-2019 le nombre de suicides a diminué en moyenne de 1,9 % par an. On attend cependant avec inquiétude les statistiques de la période covidiste...

Suicides par 100.000 hab. (2000-2019)

monde-suicides.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Démographie

https://jortay.net/indicateurs-monde#demographie

Si la tendance linéaire du taux de croissance de la population observée entre 1965 et 2022 (57 ans) se maintient, alors la population mondiale commencera à décroître à partir de 2070 (elle aura alors atteint 10 milliards). Cependant, si le taux de fertilité (# enfants / femmes) poursuit sa tendance baissière au même rythme que depuis 1960, il pourrait descendre en-dessous du seuil de reproduction (2,05) dès 2030, de sorte que la population mondiale pourrait commencer à décroître vers 2050.

Population (1965-2022)

monde-population.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Depuis 2012, la génération du baby-boom commence à sortir de la population active, de sorte que la hausse du ratio de dépendance inactifs/actifs (suite à la baisse de la fertilité) s'accélère par vieillissement de la population.

Ratio de dépendance inactifs/actifs, % (1960-2022)

monde-dependance.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Environnement et énergies

https://jortay.net/indicateurs-monde#environnement-energies

La surface forestière se réduit lentement mais constamment; et ne représentait plus qu'environ 30 % du territoire en 2020.

Les régions boisées sont des terres naturelles ou plantées abritant des arbres d’au moins 5 mètres in situ, qu’elles soient productives ou pas, et excluent les zones boisées des systèmes de production agricole (par exemple, dans les plantations fruitières et les systèmes d’agrosylviculture) et les arbres des parcs et jardins urbains.

Surface forestière, en % du territoire (2000-2020)

monde-surface-forestiere.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Le graphique suivant montre qu'au niveau mondial, le pétrole ("oil"), le charbon ("coal") et le gaz naturel demeurent les trois premières sources d'énergie, loin devant les autres. L'éolien & solaire ont connu la plus forte progression, mais demeurent insignifiantes. On notera enfin l'absence de progression du nucléaire, malgré que son ratio avantages/inconvénients est historiquement le plus élevé de toutes les sources d'énergie [source].

Production d'énérgie par source (2000-2020)

energy-mix.png

Source : iea.org.

Le graphique suivant illustre l'effet rebond (encore appelé paradoxe de Jevons). Malgré la hausse de l'efficacité énergétique des modes de production (grâce au progrès technologique) – illustrée par la baisse de l'utilisation d'énergie pour une unité de PIB (courbe verte) – l'utilisation d'énergie par habitant continue cependant de croître (courbe rouge), si le PIB croît plus que proportionnellement à la hausse de l'efficacité énergétique. Le graphique précédent montre que – en l'absence d'une politique de développement durable rationnelle (cf. infra) – seules les crises (subprimes en 2008, covidisme en 2020) ont pour effet d'abaisser la consommation d'énergies.

Utilisation d'énergies, en kg d'équivalent pétrole (1990-2014)

monde-effet-rebond.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Soit E l'énergie mobilisée pour créer le PIB, on peut modéliser la problématique en partant de la tautologie comptable :

E = E   ⇔
E = PIB / ( PIB / E )   ⇔
E / hab = ( PIB / hab ) / ( PIB / E )   ⇔
( PIB / hab ) = ( E / hab ) * ( PIB / E )   ⇔
Niveau de vie = Ressources * Technologie
(quantitatif = ressources * qualitatif)
⇒ soit n, r, t les taux de croissance de N, R et T   ⇒
n = r + t

Ainsi, si l'on considère que le développement durable consiste à augmenter le niveau de vie sans que les ressources énergétiques mobilisées ne dépassent le niveau maximum compatible avec la capacité de résilience de l'écosystème terrestre, alors si ce niveau est atteint (comme l'affirment les écologistes), le développement (n>0) doit respecter la condition suivante pour demeurer durable :
r ≤ 0   ⇔
n - t ≤ 0   ⇔
nt
: le taux de croissance du niveau de vie (PIB/hab) ne doit pas dépasser celui de l'efficacité énergétique (PIB/E).

Ainsi le graphique suivant montre que, sur la période 1992-2014, la croissance du PIB/hab (courbe bleue au-dessus de zéro) fut certainement durable (courbe rouge en-dessous de zéro) durant les périodes :
• 1992 à 1994
• 1997 à 1998
• 2001 et 2009.

Par contre, les années 2002-2007 furent catastrophiques en terme de développement durable.

Δ(E/hab) = Δ(PIB/hab) - Δ(PIB/E) % (1991-2014)

monde-developpement-durable.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.
Lecture : Δ(E/hab) est en-dessous de zéro (développement durable) lorsque Δ(PIB/E) est supérieur à Δ(PIB/hab).

Sur l'ensemble de la période 1991-2014, le taux de croissance annuel de l'efficacité énergétique fut en moyenne de 1,3 %, pour un taux de 1,6 % du PIB/hab. Les tendances linéaires du graphique ci-dessus montrent que cette situation s'aggrave. Par conséquent – si le niveau d'énergie mobilisée par la création du PIB annuel a dépassé le niveau maximum compatible avec la capacité de résilience de l'écosystème terrestre – alors la politique de développement économique mondial devrait être fondée sur les deux règles suivantes :

  • maintenir la croissance du PIB/hab mondial en-dessous de 1,3 %;
  • développer la R&D afin d'augmenter l'efficacité énergétique au-delà de 1,3 %.

Pourquoi le modèle CO2 est risqué

Le modèle CO2 est fondé sur l'identité de Kaya, qui formalise les émissions anthropiques de CO2 comme étant fonction :

  • de la population (P) ;
  • du PIB/hab (PIB/P) ;
  • de l'intensité énergétique du PIB (E/PIB) ;

    le ratio inverse PIB/E est appelé "efficacité énergétique".

  • de l'intensité carbone de l'énergie (CO2/E).

L'identité de Kaya est une construction comptable, fondée sur une tautologie :

CO2 = CO2    ⇔
CO2 = E * CO2/E    ⇔
CO2 = PIB * E/PIB * CO2/E    ⇔
CO2 = P * PIB/P * E/PIB * CO2/E

N.B. Ce type de développement algébrique ne constitue aucunement une démonstration mathématique de la pertinence d'une thèse, mais seulement une modélisation illustrative de cette thèse. Cette construction comptable repose d'ailleurs sur une tautologie ... du CO2

Ainsi – si est vraie la quadruple thèse d'un (i) réchauffement, (ii) anthropique, (iii) catastrophique, (iv) opérant via le CO2 – alors il serait utile, pour réduire les émissions anthropiques de CO2, d'appliquer tout ou partie des mesures suivantes :

  1. réduction de la population ;
    • moyens : réduire le taux de fécondité # naissances / pop. femmes, en stimulant le niveau d'éducation, l'emploi féminin, la contraception,  ... (cf. supra #demographie) ;
  2. réduction du PIB/hab ;
    • moyen collectif : planification du taux de croissance du PIB ;
    • moyen individuel : sobriété (mode de vie minimaliste, intégré dans un projet de vie compatible) ;
  3. réduction de l'intensité énergétique du PIB ;
    • moyen collectif : progrès technologique ;
    • moyen individuel : adaptation culturelle, par modification des modes de consommation (le "quoi") et de production (le "comment") ;
  4. réduction de l'intensité carbone de l'énergie.
    • moyen collectif : progrès technologique ;
    • moyen individuel : adaptation culturelle, par modification des modes de consommation (le "quoi") et de production (le "comment").
Exemple
chiffré

Ainsi par exemple, si durant les quarante prochaines années, la population mondiale croît de 1% par an (soit * 1,33 sur la période), et le niveau de vie augmente de 2 % par an (soit x 2,2 sur la période), alors pour diviser par trois les émissions anthropiques de CO2, il faudra donc diviser le produit des deux intensités par un facteur 9 :

CO2 / 3 = ( P * 1,33) * ( PIB/P * 2,2 ) * ( E/PIB * CO2/E ) / x     ⇒
1/3 = 1,33 * 2,2 / x     ⇒
x = 1,33 * 2,2 * 3 ≈ 9

Cependant, entre les années 1970 et 2000, le progrès technologique a eu pour effet d'abaisser l’intensité énergétique de 25 %, soit -1 % par an, ce qui, pour la période de quarante ans considérée dans les calculs ci-dessus, correspond à une baisse de 33 %, soit la division par un facteur 100 / 67 ≈ 1,5, ce qui est six fois moins que le facteur 9 auquel aboutit le calcul supra. Par conséquent, si cette tendance se maintient, alors pour atteindre l'objectif de division du taux de CO2 par trois en quarante ans, il faudrait donc nécessairement agir sur les deux autres facteurs – population et/ou PIB/hab – et cela sur la même période de quarante années ...

En l'occurrence, il faudrait :

  • soit diviser le PIB/hab par un facteur x tel que 1/3 = 1,33 * 1/x / 1,5 ⇔ x=2,7 soit -2,7 % par an pendant 40 ans !

    À titre de comparaison, la crise économique des subprimes (la seconde plus grande crise économique depuis la seconde guerre mondiale après la crise du covid), c'est une baisse du PIB/hab mondial de -1,9 % pendant une année (2009) ...

  • soit diviser la population par un facteur x tel que 1/3 = 1/x *2,2 / 1,5 ⇔ x=4,4 soit -3,6 par an, pour passer de 7,9 milliards à 1,8 milliards dans 40 ans !

    Pour ce faire, à natalité et mortalité inchangées, il faudrait exterminer 150 millions de personnes par an, pendant quarante ans.

Critique

Ces scénarios reposent sur l'hypothèse que serait vraie la quadruple thèse. Or la mesure des critères qui fondent le facteur 3 de division supposée "nécessaire" du taux de CO2 est-elle crédible ? En effet, ces mesures sont en réalité des estimations fondées sur des modèles mathématiques. Or nous avons vu que les valeurs produites par ces modèles sont parfois inférieurs à leur marge d'erreur, ce qui rend ces estimations caduques [source]. Enfin, quid si tout ou partie de la quadruple thèse est fausse ... ?

Notre avis. Il est risqué et dangereux d'utiliser ce modèle, car :

  • si, devant la difficulté d'identifier un taux de CO2 durable, on vise à minimiser le taux observé, alors cela (i) aurait des répercussions sur l'équilibre écologique de la planète (*), et (ii) constituerait un frein au développement économique et social ;

    (*) La concentration actuelle de gaz carbonique dans l'air reste insuffisante pour une croissance optimale des plantes. En effet, la végétation a dépéri depuis l'époque où elle était luxuriante grâce à des concentrations 10 à 25 fois supérieures à ce que notre atmosphère contient aujourd'hui. Cette concentration très élevée n'a pas empêché des glaciations comme à la fin de l'Ordovicien [source].

  • plus fondamentalement, appliquer une politique de développement durable spécifique (en l’occurrence fondée sur la quadruple thèse), c'est mettre tous ses œufs dans le même panier. Cette stratégie est certes la plus efficace ... si la quadruple thèse est vraie. Mais si elle est fausse, c-à-d si au moins une des ses quatre thèses composantes est fausse, alors la politique de développement sera d'autant plus contre-productive qu'est élevé le nombre des thèses composantes fausses.

Conclusion. Fonder une politique de développement sur une thèse spécifique – en l'occurrence, la quadruple thèse d'un (i) réchauffement (ii) anthropique, (iii) catastrophique, (iv) opérant via le CO2 – c'est prendre des risques inconsidérés. Il est bien plus pertinent d'utiliser un modèle de développement durable fondé sur les variables essentielles de la thermodynamique, à savoir l'énergie et la matière.

Pauvreté

https://jortay.net/indicateurs-monde#pauvrete

Le pourcentage de la population mondiale vivant avec moins de 2 dollars par jour (PPA 2011) diminue constamment, mais représentait encore 8,5 % de la population mondiale en 2019, soit 620 millions d'individus ...

Pourcentage de la population disposant de moins de 2 $ par jour (2000-2019)

monde-pauvrete-absolue.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Notons cependant qu'il s'agit là d'une mesure absolue de la pauvreté. Or, que ce soit du point de vue économique, politique ou sociologique, la pauvreté est aussi une notion relative au niveau de vie de la classe supérieure (notion d'écart de richesses). Par exemple, si l'on divise la population en n classes de revenu (ou de patrimoine), on peut mesurer combien de fois le revenu (ou le patrimoine) moyen des 100/n  % les plus riches représente celui des 100/n % les plus pauvres.

La relativité de la notion de pauvreté a deux conséquences :

  • la pauvreté relative peut augmenter alors que la pauvreté absolue diminue ;
  • plus la richesse ostentatoire augmente, plus les pauvres veulent se rapprocher du niveau de vie des plus riches, ce qui provoque une course infernale au matérialisme, avec les conséquences sur l'environnement illustrées par la section précédente ...

Ainsi un niveau d'écart de richesses excessif est nuisible non seulement au développement économique [OCDE-2014, FMI-2015] et à la démocratie, mais également à l'environnement.

Services publics

https://jortay.net/indicateurs-monde#services-publics
Le graphique suivant révèle des faits fondamentaux (et souvent ignorés ou incompris de l'opinion publique) :
  • les tendances linéaires des dépenses publiques et cotisations sociale sont respectivement croissantes et décroissante, ce qui, ceteris paribus, accroît le niveau des dettes publiques.

    N.B. Notons cependant qu'il n'y a pas de dette publique mondiale, car la notion de dette sur soi-même ne fait évidemment pas sens.

  • les deux hausse massives de dépenses publiques durant les trois dernière décennies furent causée par des crises (subprimes en 2008, covidisme en 2020). Si ces deux crises ne s'étaient pas produites, la tendance des dépenses publiques serait baissière !

    Les crises des subprimes et du covidisme ont en commun d'être causées par l'absence de contrôle démocratique de secteurs économiques stratégiques, en l’occurrence lobbies bancaire et pharmaceutique. On notera à cet égard que les deux secteurs où l'on observe le plus de condamnations judiciaires, notamment pour faits de corruption, sont précisément ces deux secteurs [source]. PS : les condamnations sont cependant peu dissuasives : pas de peines de prison fermes, ni nationalisations.

Dépenses publiques et cotisations sociales (1994-2022)

monde-etat.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

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