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Libre-travail, fruit de la libre-pensée

Indicateurs mondiaux

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Màj : 25 juin 2024   –   # pages : 27

Préambule

https://jortay.net/indicateurs-monde#preambule
world-indicators.jpeg

Statistiques
vs information

Vous allez vous rendre compte, en observant les graphiques de ce document, de la distance qui peut exister entre les données statistiques et leur interprétation par les médias d'information. Ceux-ci peuvent ainsi verser dans le catastrophisme, ou au contraire masquer l'acuité d'une situation. Une thèse explicative est que la "réalité" médiatique refléterait les intérêts des classes dirigeantes nationales.

Les analyses consistent en de cours commentaires de graphes. Parfois certaines notions sont approfondies en encadré.

Mondialisation

https://jortay.net/indicateurs-monde#mondialisation

La mondialisation, mesurée par les échanges de biens & services, s'est accélérée depuis la moitié des années 1980. Cependant, durant les années 2000, elle fut freinée par les attentats de septembre 2001, puis par la crise financière des "subprimes" initiée en 2008. À partir de cette date, il y a eu une inversion des tendances : la croissance des flux de biens & services (de consommation comme de production) a été remplacée par celle des flux de réfugiés.

Investissement étrangers directs (% du PIB) et populations réfugiées (Mio.) (1980-2022)

monde-mondialisation.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Il se pourrait que l'inversion des tendances, à partir de 2008, entre flux de facteurs de production "capital" (bleu et vert) vs "travail" (rouge) soit corrélée : le reflux des exportations vers les pays riches, et des investissements par ceux-ci, aurait accru la pauvreté dans les pays moins développés, et ainsi exacerbé l'émigration. D'autres possibles facteurs sont des conflits armés, le réchauffement climatique, ou encore la volonté des classes dirigeantes des pays riches de neutraliser le vieillissement de leur population par l'immigration.

Le nombre historique de 35 millions de réfugiés représente 0,4 % de la population mondiale, ce qui peut poser des problèmes d'accueil si ce flux est concentré vers un petit nombre de pays.

N.B. Les demandeurs d'asile (personnes qui ont fait une demande d'asile ou du statut de réfugié et qui n'ont pas encore reçu une décision ou qui sont enregistrées comme demandeurs d'asile) ne sont pas repris dans ces statistiques [source].

PIB par habitant

https://jortay.net/indicateurs-monde#PIB

Le graphique suivante montre l'évolution du PIB/hab mondial, qui est une mesure du niveau de vie, ainsi que de la productivité. Le PIB/hab y est exprimé :

  • en valeur absolue (bleu) ;
  • en % de croissance annuelle (rouge).

Il apparaît que les crises du covidisme (2020) et des "subprimes" (2009) ont causé les plus graves récessions économiques depuis la seconde guerre mondiale. Cependant la tendance à long terme du PIB/hab est clairement croissante. Ainsi sur la période 1960-2022 (62 ans), le PIB/hab mondial a cru à un taux annuel moyen de 1,9 %, ce qui correspond à un doublement après 36 années.

PIB/hab (1960-2022)

monde-pib.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Ce graphique illustre deux autre faits, souvent incompris voire ignorés :

  • la croissance du PIB/hab exprimée en % est beaucoup plus volatile que la croissance exprimée en valeur absolue ;
  • alors que la tendance du taux est décroissante, celle de la valeur absolue est ... croissante !

C'est en raison de ces deux propriétés que le taux de croissance est préféré par les journalistes : la première propriété est source de sensationnalisme, et la seconde de catastrophisme.

En fait, le taux de croissance du PIB/hab (ligne rouge fine) peut même tendre à l'infini vers zéro – sans baisse tendancielle de la croissance du PIB/hab en valeur absolue (ligne bleue) – dès lors que le taux de croissance s'applique à un montant de plus en plus élevé.

Pour que la valeur absolue de diminue pas, il suffit que le taux (gt) ne descende pas en dessous d'une certaine valeur, fonction de gt-1 (le calcul de cette valeur est développé dans l'encadré infra).

Voici un exemple chiffré. Supposons que le PIB/hab était de 100 en période 1, puis 105 en période 2 et enfin 110 en période 3, soit une croissance constante en valeur absolue, de 5 entre chaque période. Dans ce cas, le taux de croissance est de 5 / 100 = 5% entre 1 et 2, puis de 5 / 105 = 4.8% entre 2 et 3. Il y a donc certes diminution du taux de croissance, cependant le volume produit n'a pas diminué !

AnnéePIBΔabs.Δ%
1100
210555 %
311054,8 %

Autre exemple, cette fois de croissance non discrète, c-à-d concernant deux dates non contiguës. Supposons que début 1950 le PIB était de 1000 unités, et le taux de croissance de 5% cette année là. Donc 0,05 x 1.000 = 50 furent produites en plus que l'année précédente. Supposons maintenant que début 2000 le PIB était de 5.000 unités mais le taux de croissance de seulement 2% cette année là. Donc 0,02 x 5.000 = 100 furent produites en plus que l'année précédente, soit deux fois plus qu'en 1950, et cela malgré que le taux de croissance a été divisé par 5/2=2,5 !

1950
1.000 * 0.05 = 50
2000
5.000 * 0.02 = 100

Interprétons maintenant ces faits au regard de deux notions économiques importantes : l'écart de richesse moyen et le développement durable.

Écart de richesse. Dès lors que le PIB/hab, en tant que valeur moyenne, indique la part des richesses produites qui serait allouée à chacun si celles-ci était également partagées entre tous les citoyens, alors le graphique suivant suggère ce questionnement : l'explosion du PIB/hab depuis la révolution industrielle a-t-elle été accompagnée d'une réduction proportionnelle de l'écart de richesse moyen ... ?

PIB mondial par habitant

Taux de croissance du PIB mondial par habitant

Source

Développement durable. Selon la théorie économique néolibérale, une redistribution excessives des richesses par la fiscalité réduit la croissance. Dans une optique écologiste de stagnation durable, on pourrait alors augmenter le taux fiscal (recettes/PIB) jusqu'à un niveau tel que gt s'approche de 0. Mais une fois ce niveau atteint, les recettes fiscales seraient nulles (puisque leur base est le PIB), ce qui n'est évidemment pas souhaitable pour l'État. C'est là qu'intervient le taux fiscal universel T(Yb) = 1 - ( 1 + Yb / (PIB/hab) ) - 1 (où Yb est le revenu brut), qui correspond au taux de redistribution moyen maximal, qui – en parfaite application du principe de symétrie – vaut 50 % (cf. allocation-universelle.net/financement-redistributif#TFU-menages) ...

Calcul du taux de croissance annuel du niveau de vie tel que celui-ci augmente du même montant en valeur absolue chaque année

Soit yt le PIB/hab de l'année t, on peut calculer la valeur minimale en dessous de laquelle son taux de croissant gt = ( yt - yt-1 ) / yt-1 ne doit pas descendre, afin que l'augmentation du PIB/hab en valeur absolue ne soit pas inférieure à celle de l'année précédente :

Soit le maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue :
yt - yt-1 = yt-1 - yt-2   ⇔
( yt - yt-1 ) / yt-1 = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-1   ⇒
gt = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-1   ⇔
gt = 1 - yt-2 / yt-1
or :
gt-1 = ( yt-1 - yt-2 ) / yt-2   ⇔
gt-1 = yt-1 / yt-2 -1   ⇔
yt-2 / yt-1 = 1 / ( gt-1 + 1 )
que l'on substitue dans l'inégalité précédant le "or"   ⇒
gt = 1 - 1 / ( gt-1 + 1 )   ⇔
gt = gt-1 / ( gt-1 + 1 )
or
gt-1 / ( gt-1 + 1 ) < gt-1     (surtout si gt-1 est petit)
de sorte que
gt < gt-1
c-à-d une baisse du taux de croissance du niveau de vie, qui est donc bien compatible avec le maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue, tant que gt ≥ gt-1 / ( gt-1 + 1 ) !
CQFD
Ainsi par exemple si
gt-1 = 2 %
alors la condition de stabilité de croissance en VA est vérifiée si
gt = 0,02 / ( 0,02 + 1 ) = 1,96 %
gt+1 = 0,0196 / ( 0,0196 + 1 ) = 1,92 %
etc.

Le graphique suivant montre que "maintien de la croissance du niveau de vie en valeur absolue" signifie une croissance linéaire. Il compare ainsi l'évolution exponentielle (bleu) – dont le taux de croissance annuel de 3,5 % correspond à un doublement en 20 ans – avec l'évolution linéaire (vert), pour laquelle le taux de croissance passe de 3,5 à 2,1 % sur la même période.

Croissance avec taux constant vs VA constante

taux-croissance.gif

La courbe orange représente le taux de croissance de la courbe verte.
Tableur taux-croissance.ods

Le lecteur pourra vérifier dans le tableur que la droite verte est le graphe de la fonction de récurrence Yt = Yt-1 * ( 1 + gt )gt = gt-1 / ( gt-1 + 1 ) est tel que :
yt - yt-1 = yt-1 * gt = Δ = y0 * g1   ⇒
y1 = y0 + y0 * g1
y1 = y0 + Δ
y2 = y1 + y1 * g2
y2 = y0 + 2 * Δ
...
yt = y0 + t * Δ   ⇒
yt = y0 + t * y0 * g1   ⇔
yt = y0 * ( 1 + t * g1 )   ⇔
... dont la lectrice pourra également vérifier dans le tableur qu'il s'agit de l'équation de la droite verte, cette fois sous forme polynomiale plutôt qu'en récurrence.

Enfin, on comparera utilement l'équation de croissance linéaire (droite verte) à celle de croissance exponentielle (courbe bleue), que l'on obtient par le même type de processus itératif :
soit gt = g   ⇒
y1 = y0 * ( 1 + g )
y2 = y1 * ( 1 + g )
y2 = y0 * ( 1 + g )2
yt = y0 * ( 1 + g )t

Comparez la place du t:

  • yt = y0 * ( 1 + t * g1 ) : en facteur ⇒ croissance linéaire 
  • yt = y0 * ( 1 + g )t : en exposant ⇒ croissance exponentielle.

Notez que l'on peut avoir une croissance "exponentiellement exponentielle", lorsque le taux de croissance est lui même croissant :
yt = y0 * ( 1 + g1 ) * ( 1 + g2 ) * ... * ( 1 + gt )
où le g de
yt = y0 * ( 1 + g )t     ⇔
g = ( yt / y0 )1/t - 1
est le taux de croissance moyen (à ne pas confondre avec le taux de croissance totale gT = ( yt - y0 ) / y0).

On peut montrer que, pour g petit :
yt = y0 * ( 1 + g )t ≈ y0 * et*g
cf. allocation-universelle.net/financement-distributif#taux-intrinseque-theorie

Chômage et inflation

https://jortay.net/indicateurs-monde#chomage-inflation

La différence de signe entre les pentes des droites de tendance linéaire de l'inflation et du chômage suggère que, sur le long terme, un niveau élevé de chômage tempère les revendications salariales, et partant l'inflation par le coût du travail.

Chômage et inflation (1991-2022)

monde-chomage-inflation.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Cependant, l'inflation est probablement un phénomène multifactoriel (ce qui permet d'expliquer les variations à court terme). On peut ainsi distinguer trois possibles causes d'inflation : (i) par déséquilibre offre/demande, (ii) par les coûts de production, (iii) par déficit de concurrence.

Le « nouveau consensus de Washington », nouvelle géostratégie du gouvernement US, devrait logiquement avoir pour effet de stimuler l'inflation. En effet, force est de constater que cette politique consiste à invoquer tout ce qui peut justifier un revirement à 180° de la politique de libre-échange, pour lui substituer la notion de "sécurité économique" (guerres, climat, ...) [source]. Or moins de libre-échange signifie logiquement moins de concurrence internationale, et partant, une baisse du rapport qualité/prix des biens & services dans le monde (ceteris paribus ).

Géopolitique. S'il est probablement pertinent de viser à un équilibre entre libre-échange et sécurité économique, on peut cependant se demander si le « nouveau consensus de Washington » ne vise pas en réalité à bloquer le développement économique de la Chine et de la Russie, que la classe dirigeante US considère comme une menace pour sa domination mondiale. Ainsi, entre 2012 et 2022, le PIB/hab des USA a cru au rythme moyen de 1.5 % par an, contre ... 5,8 % pour la Chine, soit près de quatre fois moins vite. Si cette situation persiste, le PIB/hab de la Chine dépassera celui des USA en 2053 [source].

Sécurité

https://jortay.net/indicateurs-monde#securite

Les homicides (courbe rouge), et les déplacements de population pour éviter les effets d'un conflit armé (courbe verte) sont dans une tendance baissière. Sur la période 2008-2020, les taux de croissance annuelle de la tendance linéaire sont respectivement de -1 % et -0,8 %. Soulignons néanmoins que, chaque année, 15 à 35 millions de personnes (soit une moyenne de 0,03 % de la population mondiale) sont contraintes de se déplacer à l'intérieur de leur pays.

Homicides et déplacement internes (2000-2022)

monde-securite.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Droits des femmes

https://jortay.net/indicateurs-monde#droits-des-femmes

L'augmentation du pourcentage de femmes parlementaires est continue mais seulement linéaire, de sorte que ce pourcentage était encore inférieur à 30 % en 2022, alors que les femmes représentent environ 50 % de la population mondiale [source].

Proportion de femmes dans les parlements nationaux (2000-2021)

monde-femmes-parlement.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Accès aux ressources

https://jortay.net/indicateurs-monde#acces-ressources

L'énergie et l'information sont les ressources les plus fondamentales. En 2021, plus de 90 % de la population mondiale a accès à l'électricité, mais plus du tiers n'a pas encore accès à Internet.

Accès aux ressources, % pop. (1995-2021)

monde-acces-ressources.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Santé

https://jortay.net/indicateurs-monde#sante

Sur le long terme, la tendance croissante de l'espérance de vie (ligne bleue dans le graphique infra) doit être relativisée par le fait que l'espérance de vie en bonne santé (non indiquée dans le graphique ci-dessous) est nettement inférieure, car elle croît beaucoup moins voire plus du tout. En France, elle est inférieure de 18 ans chez les femmes (85-18=67), et de 13 ans chez les hommes (79-13=65) [source].

Concernant l'évolution récente, on notera qu'en 2020 et 2021, la crise du covid a réduit l'espérance de vie comme jamais depuis la seconde guerre mondiale

Espérance de vie (1965-2021)

monde-sante.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Covid-19 : prophétie auto-réalisatrice ? L'essentiel de la surmortalité toutes causes de 2020 et 2021 fut-elle causée par la covid-19 ou par les maltraitances générées par la stratégie de la peur : stress provoqué par le harcèlement médiatique et la récession économique induite par le confinement, désorganisation du système médical, abandon médical dans les maisons de retraite et la médecine de ville, intubations abusives dans les hôpitaux, effets indésirables des vaccins à AMM accélérée, ... ? Alors, crise du covid ou crise du covidisme ? [approfondir : allocation-universelle.net/securite-sociale-actuelle#surmedicalisation].

La marge de progrès à réaliser en matière de santé reste cependant considérable puisqu'en 2020, 45% de la population mondiale n'a toujours pas accès à des installations sanitaires ! (cf. ligne rouge du graphique supra).

Le graphique suivant suggère que la santé psychique des individus progresse également. Sur la période 2000-2019 le nombre de suicides a diminué en moyenne de 1,9 % par an. On attend cependant avec inquiétude les statistiques de la période covidiste...

Suicides par 100.000 hab. (2000-2019)

monde-suicides.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Démographie

https://jortay.net/indicateurs-monde#demographie

Si la tendance linéaire du taux de croissance de la population observée entre 1965 et 2022 (57 ans) se maintient, alors la population mondiale commencera à décroître à partir de 2070 (elle aura alors atteint 10 milliards). Cependant, si le taux de fertilité (# enfants / femmes) poursuit sa tendance baissière au même rythme que depuis 1960, il pourrait descendre en-dessous du seuil de reproduction (2,05) dès 2030, de sorte que la population mondiale pourrait commencer à décroître vers 2050.

Population (1965-2022)

monde-population.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Depuis 2012, la génération du baby-boom commence à sortir de la population active, de sorte que la hausse du ratio de dépendance inactifs/actifs (suite à la baisse de la fertilité) s'accélère par vieillissement de la population.

Ratio de dépendance inactifs/actifs, % (1960-2022)

monde-dependance.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Le graphique ci-dessus correspond à une croissance annuelle moyenne du ratio de dépendance de 0,9 %. On notera que sur la même période, la productivité mesurée par le PIB/hab a augmenté de 1,9 % par an (cf. supra #PIB), ce qui suggère que, si ces tendances persistent en terme relatif, les craintes concernant le financement des pensions ne sont pas fondées au niveau mondial (voir aussi infra #solde-public).

Environnement

https://jortay.net/indicateurs-monde#environnement

La surface forestière se réduit lentement mais constamment; et ne représentait plus qu'environ 30 % du territoire en 2020.

Les régions boisées sont des terres naturelles ou plantées abritant des arbres d’au moins 5 mètres in situ, qu’elles soient productives ou pas, et excluent les zones boisées des systèmes de production agricole (par exemple, dans les plantations fruitières et les systèmes d’agrosylviculture) et les arbres des parcs et jardins urbains.

Surface forestière, en % du territoire (2000-2020)

monde-surface-forestiere.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Une possible mesure (probablement insuffisante) pour neutraliser la déforestation consiste à stimuler (ou au moins à ne pas entraver) la production de CO2 [source]. Cependant cette voie est actuellement bloquée par le modèle anti-CO2 (cf. encadré infra), qui est très lié au projet de transition énergétique, visant à abandonner les énergie fossiles (pétrole, charbon, gaz, ...), en faveur d'énergies renouvelables (solaire, éolien , ...) ... mais intermittentes et à haut contenu technologique. Une question fondamentale est de savoir si la motivation officieuse du projet de transition énergétique – à savoir le modèle anti-CO2 – ne cache pas en réalité un projet de détournement de fonds au bénéfice d'intérêts privés (question que nous analyserons dans l'encadré de la section #energie).

Notons déjà ici un fait surprenant, révélé par la crise de la covid-19. En 2020 et 2021, le trafic aérien a été quasiment supprimé. On a alors constaté que les périodes de ciel totalement bleu furent nettement plus nombreuses et plus longues, révélant ainsi la part déterminante que jouent les traînées de condensation dans la superficie et la permanence du voile nuageux masquant le soleil. Cet effet, pourtant majeur sur le moral des individus, fut "étonnamment" passé sous silence par les journalistes, les scientifiques et même les politiciens "écologistes". Alors qu'un débat de société pouvant profondément modifier nos modes de vie aurait du avoir lieu ("voulons-nous un monde sans ciel bleu ? "), rien de cela ne s'est produit.

Énergies

https://jortay.net/indicateurs-monde#energies

Production. Le graphique suivant montre qu'au niveau mondial, le pétrole ("oil"), le charbon ("coal") et le gaz naturel demeurent les trois premières sources d'énergie, loin devant les autres. L'éolien & solaire ont connu la plus forte progression, mais demeurent insignifiantes. On notera enfin l'absence de progression du nucléaire, malgré que son ratio avantages/inconvénients est historiquement le plus élevé de toutes les sources d'énergie [source].

Production d'énérgie par source (2000-2020)

energy-mix.png

Source : iea.org.

Le diagramme de Sankey ci-dessous montre la répartition de la production d'énergies primaires aux USA en 2015. Il est composé de quatre parties (de gauche à droite) :

  1. la production d'énergies primaires ;
  2. la transformation d'énergies primaires en électricité ;
  3. la consommation d'énergie par secteurs économiques (en rose) ;
  4. l'efficacité énergétique de chaque secteur économique.

L'efficacité énergétique est le rapport entre l'énergie utilisable (gris foncé) et l'énergie consommée (rose). énergie utilisable (gris foncé) = énergie consommée (rose) - énergie perdue (gris clair). En vertu du second principe de la thermodynamique, toute transformation d'énergie s'accompagne d'une dégradation qualitative ("pertes"), généralement sous forme de chaleur due aux forces de frottement.

Diagramme de Sankey (USA, 2015)

diagramme-sankey.png

Source

La lectrice est invitée à vérifier que le classement des secteurs selon leur efficacité énergétique est bien :

  1. industrie : 80%
  2. résidentiel et commercial : 65%
  3. transports : 21%

Autres faits notables révélés par ce diagramme :

  • les parts prépondérante des énergies fossiles, qui avec pétrole, gaz et charbon représentent encore 80 % de la production d'énergies primaires (PS : et ce graphe concerne les USA, pas l'Inde ...) ;
  • la faible part du nucléaire (8%), relativement à la France (79 %) ;
  • l'importance relative de l'électricité comme vecteur énergétique (38% des énergies primaires), par lequel passe toutes les énergies non fossiles ... avec le gaz et le charbon ;
  • les fortes "pertes" énergétiques du vecteur électrique et du secteur des transports ;
    Cela découle du second principe de la thermodynamique :
    • vecteur électrique : transformation et transport de l'énergie;
    • secteur des transports : les forces de frottement ne sont pas limitées au seul moteur, s'ajoutent celles au niveau des roues et de la surface du véhicule frappant l'air.
  • la très faible part de l'électricité dans le secteur des transports.

Effet rebond (encore appelé paradoxe de Jevons). Malgré la hausse de l'efficacité énergétique des modes de production (grâce au progrès technologique) – illustrée par la baisse de l'utilisation d'énergie pour une unité de PIB (courbe verte) – l'utilisation d'énergie par habitant continue cependant de croître (courbe rouge), si le PIB croît plus que proportionnellement à la hausse de l'efficacité énergétique. Le graphique précédent montre que – en l'absence d'une politique de développement durable rationnelle (cf. infra) – seules les crises ("subprimes" en 2008, covidisme en 2020) ont pour effet d'abaisser la consommation d'énergies.

Utilisation d'énergies, en kg d'équivalent pétrole (1990-2014)

monde-effet-rebond.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Soit E l'énergie mobilisée pour créer le PIB, on peut modéliser la problématique en partant de la tautologie comptable :

E = E   ⇔
E = PIB / ( PIB / E )   ⇔
E / hab = ( PIB / hab ) / ( PIB / E )   ⇔
( PIB / hab ) = ( E / hab ) * ( PIB / E )   ⇔
Niveau de vie = Ressources * Technologie
(quantitatif = ressources * qualitatif)
⇒ soit n, r, t les taux de croissance de N, R et T   ⇒
n = r + t

Ainsi, si l'on considère que le développement durable consiste à augmenter le niveau de vie sans que les ressources énergétiques mobilisées ne dépassent le niveau maximum compatible avec la capacité de résilience de l'écosystème terrestre, alors si ce niveau est atteint (comme l'affirment les écologistes), le développement (n>0) doit respecter la condition suivante pour demeurer durable :
r ≤ 0   ⇔
n - t ≤ 0   ⇔
nt
: le taux de croissance du niveau de vie (PIB/hab) ne doit pas dépasser celui de l'efficacité énergétique (PIB/E).

Ainsi le graphique suivant montre que, sur la période 1992-2014, la croissance du PIB/hab (courbe bleue au-dessus de zéro) fut certainement durable (courbe rouge en-dessous de zéro) durant les périodes :
• 1992 à 1994
• 1997 à 1998
• 2001 et 2009.

Par contre, les années 2002-2007 furent catastrophiques en terme de développement durable.

Δ(E/hab) = Δ(PIB/hab) - Δ(PIB/E) % (1991-2014)

monde-developpement-durable.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.
Lecture : Δ(E/hab) est en-dessous de zéro (développement durable) lorsque Δ(PIB/E) est supérieur à Δ(PIB/hab).

Sur l'ensemble de la période 1991-2014, le taux de croissance annuel de l'efficacité énergétique fut en moyenne de 1,3 %, pour un taux de 1,6 % du PIB/hab. Les tendances linéaires du graphique ci-dessus montrent que cette situation s'aggrave. Par conséquent – si le niveau d'énergie mobilisée par la création du PIB annuel a dépassé le niveau maximum compatible avec la capacité de résilience de l'écosystème terrestre – alors la politique de développement économique mondial devrait être fondée sur les deux règles suivantes :

  • maintenir la croissance du PIB/hab mondial en-dessous de 1,3 %;
  • développer la R&D afin d'augmenter l'efficacité énergétique au-delà de 1,3 %.

Pourquoi le modèle anti-CO2 est risqué

Le modèle anti-CO2 est fondé sur l'identité de Kaya, qui formalise les émissions anthropiques de CO2 comme étant fonction :

  • de la population (P) ;
  • du PIB/hab (PIB/P) ;
  • de l'intensité énergétique du PIB (E/PIB) ;

    le ratio inverse PIB/E est appelé "efficacité énergétique".

  • de l'intensité carbone de l'énergie (CO2/E).

L'identité de Kaya est une construction comptable, fondée sur une tautologie :

CO2 = CO2    ⇔
CO2 = E * CO2/E    ⇔
CO2 = PIB * E/PIB * CO2/E    ⇔
CO2 = P * PIB/P * E/PIB * CO2/E

N.B. Ce type de développement algébrique ne constitue aucunement une démonstration mathématique de la pertinence d'une thèse, mais seulement une modélisation illustrative de cette thèse. Cette construction comptable repose d'ailleurs sur une tautologie ... du CO2

Ainsi, si est vraie la quadruple thèse d'un réchauffement (i) global, (ii) anthropique, (iii) catastrophique, (iv) opérant via le CO2, alors il serait utile, pour réduire les émissions anthropiques de CO2, d'appliquer tout ou partie des mesures suivantes :

  1. réduction de la population ;
    • moyens : réduire le taux de fécondité # naissances / pop. femmes, en stimulant le niveau d'éducation, l'emploi féminin, la contraception,  ... (cf. supra #demographie) ;
  2. réduction du PIB/hab ;
    • moyen collectif : planification du taux de croissance du PIB ;
    • moyen individuel : sobriété (mode de vie minimaliste, intégré dans un projet de vie adapté) ;
  3. réduction de l'intensité énergétique du PIB ;
    • moyen collectif : progrès technologique ;
    • moyen individuel : adaptation culturelle, par modification des modes de consommation (le "quoi") et de production (le "comment") ;
  4. réduction de l'intensité carbone de l'énergie.
    • moyen collectif : progrès technologique ;
    • moyen individuel : adaptation culturelle, par modification des modes de consommation (le "quoi") et de production (le "comment").
Exemple
chiffré

Ainsi par exemple, si durant les quarante prochaines années, la population mondiale croît de 1% par an (soit * 1,33 sur la période), et le niveau de vie augmente de 2 % par an (soit x 2,2 sur la période), alors pour diviser par trois les émissions anthropiques de CO2, il faudra donc diviser le produit des deux intensités par un facteur 9 :

CO2 / 3 = ( P * 1,33) * ( PIB/P * 2,2 ) * ( E/PIB * CO2/E ) / x     ⇒
1/3 = 1,33 * 2,2 / x     ⇒
x = 1,33 * 2,2 * 3 ≈ 9

Cependant, entre les années 1970 et 2000, le progrès technologique a eu pour effet d'abaisser l’intensité énergétique de 25 %, soit -1 % par an, ce qui, pour la période de quarante ans considérée dans les calculs ci-dessus, correspond à une baisse de 33 %, soit la division par un facteur 100 / 67 ≈ 1,5, ce qui est six fois moins que le facteur 9 auquel aboutit le calcul supra. Par conséquent, si cette tendance se maintient, alors pour atteindre l'objectif de division du taux de CO2 par trois en quarante ans, il faudrait donc nécessairement agir sur les deux autres facteurs – population et/ou PIB/hab – et cela sur la même période de quarante années ...

En l'occurrence, il faudrait :

  • soit diviser le PIB/hab par un facteur x tel que 1/3 = 1,33 * 1/x / 1,5 ⇔ x=2,7 soit -2,7 % par an pendant 40 ans !

    À titre de comparaison, la crise économique des "subprimes" (la seconde plus grande crise économique depuis la seconde guerre mondiale après la crise du covid), c'est une baisse du PIB/hab mondial de -1,9 % pendant une année (2009) ...

  • soit diviser la population par un facteur x tel que 1/3 = 1/x *2,2 / 1,5 ⇔ x=4,4 soit -3,6 par an, pour passer de 7,9 milliards à 1,8 milliards dans 40 ans !

    Pour ce faire, à natalité et mortalité inchangées, il faudrait exterminer 150 millions de personnes par an, pendant quarante ans.

Un modèle
pertinent ?

Ces scénarios reposent sur l'hypothèse que serait vraie la quadruple thèse. Or la mesure des critères qui fondent le facteur 3 de division supposée "nécessaire" du taux de CO2 est-elle crédible ? En effet, ces mesures sont en réalité des estimations fondées sur des modèles mathématiques. Or nous avons vu que les valeurs produites par ces modèles sont parfois inférieurs à leur marge d'erreur, ce qui rend ces estimations caduques [source]. Enfin, quid si tout ou partie de la quadruple thèse est fausse ... ?

Notre avis. Il est risqué et dangereux d'utiliser ce modèle, car :

  • si, devant la difficulté d'identifier un taux de CO2 durable, on vise à minimiser le taux observé, alors cela (i) aurait des répercussions sur l'équilibre écologique de la planète (*), et (ii) constituerait un frein au développement économique et social ;

    (*) La concentration actuelle de gaz carbonique dans l'air reste insuffisante pour une croissance optimale des plantes. En effet, la végétation a dépéri depuis l'époque où elle était luxuriante grâce à des concentrations 10 à 25 fois supérieures à ce que notre atmosphère contient aujourd'hui. Cette concentration très élevée n'a pas empêché des glaciations comme à la fin de l'Ordovicien [source].

  • appliquer une politique de développement durable spécifique (en l’occurrence fondée sur la quadruple thèse), c'est mettre tous ses œufs dans le même panier. Cette stratégie est certes la plus efficace ... si la quadruple thèse est vraie. Mais si elle est fausse, c-à-d si au moins une des ses quatre thèses composantes est fausse, alors la politique de développement sera d'autant plus contre-productive qu'est élevé le nombre des thèses composantes fausses.

  • l'argument du "consensus scientifique" en faveur de la quadruple thèse est hautement critiquable car :

    • ce prétendu consensus est en réalité fabriqué par de systématiques mesures répressives à l'encontre des scientifiques et journalistes qui contestent la quadruple thèse : censures (exemple), lynchages médiatiques (exemple) ou encore licenciements (exemple1, exemple2). Dans ces conditions, il est évident qu'un prétendu "consensus" n'a plus aucune valeur informative, si ce n'est de démontrer la réalité de graves atteintes à la liberté du débat scientifique [source1, source2].

    • la méthode scientifique n'est pas fondée sur le consensus mais sur le débat contradictoire permanent, pouvant conduire à la révision de consensus de fait.

Business

La propagande climatique a convaincu les gouvernements de mobiliser des ressources financières (in fine, essentiellement via la dette et les impôts) pour alimenter un business du climat. En 2015 la Banque mondiale estimait ce marché à 89.000 milliards de dollars pour les quinze années à venir [source] ! Ce montant correspondant à 53% du commerce mondial annuel.

On ne s'étonnera donc pas de constater que le monde de la finance est très favorable au climatisme. Ainsi en 2016, Blackrock, Goldman Sachs, UBS ou encore AXA lançaient aux gouvernements des pays membres du G20 un appel à l’adhésion dès que possible à l’accord de Paris sur le climat issu de la COP21 [source]. Ainsi le mouvement Extinction Rebellion, dont la presse relate abondamment les actions, peut recevoir jusqu'à trois millions d'euros de dons par an grâce aux "hedge funds activistes" (sic) [source].

Au début des années 2000 les hedge funds ont commencé à entrer sur le marché des produits d'investissement présentés comme "respectueux de l'environnement ou socialement responsables". Il existe pour ces produits financiers une demande de la part des fonds de pension (qui sont parmi les plus grands fournisseurs de capitaux aux fonds spéculatifs) ainsi que de fondations "caritatives" [source].

Paul Ali, professeur de droit bancaire et financier à l'université de Melbourne souligne que « En plus de répondre aux appétits changeants de leurs investisseurs, les gestionnaires de fonds spéculatifs ont pu utiliser ces fonds spéculatifs pour obtenir des rendements en exploitant la tarification et d'autres inefficacités qui caractérisent les nouveaux marchés des instruments financiers basés sur le carbone » [source].

GIEC et
propagande

Le GIEC est accusé de donner la préférences aux articles scientifiques "confirmant" la quadruple thèse ("cherry picking"), notamment en privilégiant les articles rédigés par des auteurs des rapports du GIEC [source].

On ne s'étonnera donc pas que dans un tel contexte de propagande « le sophisme du raisonnement circulaire est courant dans la recherche sur le changement climatique. Elle est facilitée par un biais de confirmation et par un activisme tel que la conviction préalable des chercheurs est englobée dans la méthodologie. Des exemples de travaux de recherche sur l'impact des émissions de combustibles fossiles sur les cyclones tropicaux, sur l'élévation du niveau de la mer et sur le cycle du carbone démontrent que les conclusions tirées par les chercheurs sur leur cause anthropique découlent d'un raisonnement circulaire. Ce fait suffit à lui seul pour remettre en cause la validité du caractère anthropique du réchauffement climatique » [source].

Les motivations réelles des acteurs des COP peuvent être très diverses selon la profession : ministres achetés, cadres d'institutions internationales actifs dans le climatisme, scientifiques en quête de subsides, experts en quêtes d'engagements,... D'autre part la fréquence annuelle des COP dans des lieux touristiques (plus les réunions préparatoires) fait penser qu'il s'agit là d'une forme maquillée de tourisme subsidié.

Citations
majeures

« En plus de soixante ans au service de la communauté scientifique, y compris comme président de l'Académie des sciences et de l'American Physical Society, je n'ai jamais été témoin d'une corruption plus inquiétante d'un processus de revue par les pairs que ceui du rapport du GIEC » Frederick Seitz [source, The Wall Street Journal, 1996].

Dans un ouvrage publié en 2022, Steven Koonin, également membre de l'Académie des sciences des USA, et ancien conseiller scientifique du président Obama, reconnaît que le climat est certes en train de changer, mais précise que le pourquoi et le comment ne sont pas aussi clairs qu’on le croit, pas plus que la mesure exacte de la responsabilité humaine. D’abord parce que la climatologie est une science récente, née dans les années 1960, et qu’elle est extraordinairement complexe. Souvent incapables d’entrer dans les détails des travaux de recherche, les journalistes et politiques non scientifiques ont besoin de simplifier pour sensibiliser, au risque de mentir. La science ne dit pas ce que les médias écrivent. Steven Koonin montre que nos connaissances scientifiques ne sont pas suffisantes pour faire des projections utiles et fiables sur la façon le climat évoluera au cours des prochaines décennies et encore moins pour savoir quels effets auront nos actions sur lui [source].

En 2023, John Clauser, Prix Nobel de Physique 2022, déclarait que « le récit officiel sur le changement climatique reflète une dangereuse corruption de la science qui menace l'économie mondiale et le bien-être de milliards de personnes. La science climatique malavisée s'est métastasée en une pseudoscience journalistique de choc massif. (...) Celle-ci a été promue et étendue par des agents commerciaux, des politiciens, des journalistes, des agences gouvernementales et des écologistes tout aussi égarés. À mon avis, il n'y a pas de véritable crise climatique » [source].


Lien direct vers cet encadré :
https://jortay.net/indicateurs-monde#critique-modele-CO2

Pauvreté

https://jortay.net/indicateurs-monde#pauvrete

Le pourcentage de la population mondiale vivant avec moins de 2 dollars par jour (PPA 2011) diminue constamment, mais représentait encore 8,5 % de la population mondiale en 2019, soit 620 millions d'individus ...

Pourcentage de la population disposant de moins de 2 $ par jour (2000-2019)

monde-pauvrete-absolue.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Notons cependant qu'il s'agit là d'une mesure absolue de la pauvreté. Or, que ce soit du point de vue économique, politique ou sociologique, la pauvreté est aussi une notion relative au niveau de vie de la classe supérieure (notion d'écart de richesses). Par exemple, si l'on divise la population en n classes de revenu (ou de patrimoine), on peut mesurer combien de fois le revenu (ou le patrimoine) moyen des 100/n  % les plus riches représente celui des 100/n % les plus pauvres.

La relativité de la notion de pauvreté a deux conséquences :

  • la pauvreté relative peut augmenter alors que la pauvreté absolue diminue ;
  • plus la richesse ostentatoire augmente, plus les pauvres veulent se rapprocher du niveau de vie des plus riches, ce qui provoque une course infernale au matérialisme, avec les conséquences sur l'environnement illustrées par la section précédente ...

Ainsi un niveau d'écart de richesses excessif est nuisible non seulement au développement économique [OCDE-2014, FMI-2015] et à la démocratie, mais également à l'environnement.

Les écarts de richesse (c-à-d du stock de patrimoine, à ne pas confondre avec le flux de création de richesse que mesure le PIB) peuvent être mesurés entre individus et entre pays.

Le graphique suivant illustre l'augmentation des écarts de richesse entre individus dans la zone euro (PS : ce qui illustre la non pertinence du principe d'union monétaire).

Rapport entre les 20% de revenus les plus élevés et les 20% les plus bas (zone euro)

ecart-revenus-zone-euro

Source : Xerfi et Eurostat

Enfin, l'image suivante illustre la pauvreté de l'Afrique centrale, relativement aux autre pays de la planète, avec un écart de richesse supérieur à un rapport de 1/20.

Répartition de la richesse dans le monde (2022)

ecart-richesse-international.png

Source : UBS

Solde public

https://jortay.net/indicateurs-monde#solde-public

Le graphique suivant révèle que les deux hausses massives du déficit public mondial depuis 2005 furent causées par les deux plus graves crises économiques depuis la seconde guerre mondiale : "subprimes" en 2008, puis covid-19 en 2020. Si ces deux crises ne s'étaient pas produites, le déficit public serait resté stable à -3,3 du PIB !

Dépenses, revenus et déficit publics (% PIB)

monde-etat.gif

Tableur : indicateurs.ods ; source : Banque mondiale.

Or les crises des subprimes et du covidisme ont en commun d'avoir été caractérisées par des transferts massifs d'argent public vers les actionnaires de grandes entreprises privées, en l'occurrence bancaires et pharmaceutiques. On notera à cet égard que les deux secteurs où l'on observe le plus de condamnations judiciaires, notamment pour faits de corruption, sont précisément ces deux secteurs [source]. Les condamnations sont cependant peu dissuasives : pas de peines de prison fermes, ni nationalisations définitives. Et si les amendes infligées sont inférieures aux gains des malversations, alors il ne s'agit que d'une forme "d'impôt sur les revenus de la corruption" ...

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Auteur : F. Jortay   |   Contact :   |   Suivre : infolettre

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